Une sélection des faits marquants du développement durable par l’Iddri et le Courrier de la Planète, avec le soutien de l’AFD, dans le cadre de leur partenariat pour l’édition annuelle de Regards sur la Terre
L'Organisation mondiale du commerce (OMC) tient sa 7e réunion ministérielle à Genève (Suisse). Dix ans après Seattle, les pays membres réaffirment leur attachement au principe du libre-échange comme moteur de la croissance économique mondiale, sans pour autant annoncer d'avancées dans les négociations du cycle de développement de Doha. Pour les ONG et les pays critiques du Sud, cette position reflète la volonté politique des pays du Nord (États-Unis, Europe, Japon) de maîtriser l'agenda de négociations de l'OMC et, par là-même, leur position économique dominante sur les échanges internationaux. Une stratégie qui interdit, selon eux, l'avancée même d'un agenda de « développement » au sein de l'institution internationale.
Le Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) réunit à Singapour les 21 dirigeants de la région. Ils adoptent un accord visant à maintenir les mesures de relance économique face à la crise et à lutter contre le protectionnisme et réaffirment les accords de Bogor qui mettent fin aux barrières douanières entre les pays développés de l’APEC (Japon, Nouvelle-Zélande, États-Unis) dès 2010. Les dirigeants de l'APEC, dont trois des gros émetteurs de gaz à effet de serre (Chine, États-Unis et Indonésie), ne fixent cependant pas d'objectif chiffré pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils justifient leur position en prévoyant que la conférence internationale sur le climat de Copenhague débouchera seulement sur un accord politique et non sur un accord légalement contraignant, qui serait, lui, reporté à une date ultérieure et indéterminée.
Les membres de la Table ronde pour la production d’une huile de palme durable se réunissent à Kuala Lumpur (Malaisie) pour leur 7e congrès annuel. Ils y décident de mesures volontaires pour encourager les producteurs et les acheteurs d'huile de palme à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces mesures sont directement intégrées dans les normes de certification de la Table ronde. La Malaisie et de l’Indonésie s’engagent ainsi à arrêter l’expansion des plantations sur les tourbières, qui jouent un rôle particulièrement important dans la captage du CO2. La Table ronde regrette néanmoins que l'augmentation des normes de durabilité pour la production d'huile ne soit pas plus soutenue par les acheteurs européens qui les ont réclamées. Une étude du WWF publiée le 28 octobre montre ainsi que seulement 22 % de la production certifiée a trouvé acheteurs en 2008.
L'Académie internationale des sciences de l'environnement (IAES) organise un colloque mondial à Venise (Italie) sur la santé de notre planète et des espèces. L'IAES anime depuis juin 2009 une campagne en faveur de la création d'une cour pénale internationale environnementale, palliant les limites des instruments juridiques actuels. Le caractère international de la pollution, notamment pour les mers et les airs, et des trafics rend difficile l'appréhension de la criminalité. Enfin, l'ampleur de certaines dégradations environnementales peuvent se rapprocher de la notion de crime contre l'humanité et méritent un traitement spécifique. Pour l'IAES, une première étape de la mise en place d'une telle institution serait la création d'une cour européenne.
Les pays membres du G20 se réunissent à Pittsburgh (États-Unis) environ un an après le début de la crise financière et économique mondiale. Le principal résultat de cette réunion concerne le sort des pays émergents, qui auront dorénavant plus de poids dans les instances internationales en matière de gouvernance, notamment dans la perspective d'une réforme du Fonds monétaire international (FMI). Une autre décision va en leur faveur puisque le G20 sera désormais le lieu de discussion des grandes questions économiques et le G8, qui représentait uniquement les pays les plus riches, ne traitera plus que des questions diplomatiques. Des pays comme la Chine mais aussi le Brésil et l’Inde auront désormais l’opportunité de se faire entendre sur l’avenir de l’économie mondiale.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) réunit à Genève (Suisse) plus de 2 500 experts en climat et météorologie de 150 pays, pour améliorer les performances des services climatologiques mondiaux en matière de conseil face aux risques liés aux changements climatiques et dans la mise en place des politiques d’adaptation. Les besoins spécifiques en expertise des pays en développement est un des enjeux de la rencontre. La conférence tente d'y répondre en créant le Cadre mondial pour les services climatologiques, un groupe d'experts indépendants nommés par l'OMM. Le Cadre a un an pour se mettre en place et formuler des propositions concrètes.
2 400 délégués et représentants de plus de 180 pays se réunissent à Bonn (Allemagne) pour des discussions informelles sur le prochain accord climatique. Les clivages restent vifs : les pays émergents réclament une aide financière des pays industrialisés pour leur transition vers une économie moins émettrice de gaz à effet de serre, tandis que les pays industrialisés souhaitent voir les économies émergentes prendre des engagements de réduction d’émissions. Au-delà, c’est l'ampleur des efforts nécessaires qui est en jeu : les engagements annoncés à cette date par les pays développés représentent une réduction de 15 à 21 % de leurs émissions en 2020 par rapport à 1990. Pour les ONG, ce n'est que la moitié de l’effort nécessaire.
La revue Global Change Biology Bioenergy publie une étude sur les agrocarburants tirés du jatropha. Cultivée dans les régions semi-arides d'Afrique de l’Ouest et d'Inde, le jatropha curcas suscite beaucoup d’espoir pour la production d'agrocarburants, en particulier pour l'aéronautique. Si on prend l'ensemble de son cycle de vie (production et consommation), un biodiésel issu du jatropha évite 72 % d'émissions de gaz à effet de serre par rapport à un carburant classique. Ce biodiésel affiche aussi une bonne efficacité énergétique puisque pour chaque joule de carburant fossile utilisée pour sa production, il en restitue 4,7. Néanmoins, les conséquences sociales et environnementales de la culture de cette plante ne sont pas encore entièrement connues. Pour les auteurs, l’eutrophisation ou l’écotoxicité des cultures, notamment, ne sont pas assez prises en compte.
Michel Rocard remet au gouvernement le rapport sur la « contribution climat-énergie », prévoyant l'établissement d'une taxe carbone en 2010. Cette taxe s'appliquerait à tous les secteurs non inclus dans les programmes nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et vise tant les entreprises que les particuliers. Son montant serait fixé à 32 euros la tonne de CO2 émise – beaucoup moins que les 300 euros imposés par les Suédois, mais plus que les 12 euros fixés par le marché européen. Les associations de consommateurs, la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et les syndicats dénoncent une réduction du pouvoir d'achat des ménages. Pour les environnementalistes, au contraire, la contribution en l'état ne suffira pas à changer les comportements des consommateurs et des producteurs.
Le groupe nucléaire Areva conclut un partenariat stratégique avec le groupe indien Astonfield pour construire des centrales biomasse en Inde d'une capacité de production cumulée de 100 MW. Le montant global de l'investissement s'élève à près de 100 millions d'euros. La construction de la première centrale débutera au quatrième trimestre 2009 dans l'État du Bengale-Occidental. L'entité Bioénergies d'Areva, basée à Chennai, assurera la conception, la construction et la mise en service des centrales. Ce partenariat s'inscrit dans la stratégie d'Areva qui vise à renforcer son offre sur le marché des énergies renouvelables, notamment en Inde et en Asie du Sud-est.
Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) publie un guide destiné au grand public et basé sur le quatrième rapport de synthèse du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de novembre 2007. Climat en péril vise à réduire le fossé entre science et politique et à promouvoir la prise de conscience du public sur l'urgence d'agir pour combattre les changements climatiques et leurs impacts.
La Commission européenne alloue 34 millions d’euros à un programme de recherche multidisciplinaire sur l’océan de demain structuré autours de trois grandes questions : les conséquences économiques et environnementales de l’évolution des conditions climatiques dans l’Arctique ; l’impact de l’homme et de la nature sur la vie marine et leurs conséquences pour le transport, la pêche ou le tourisme ; et les répercussions potentielles sur les écosystèmes de la capture du carbone dans le sous-sol marin. Les résultats devront aider les politiques à trouver les moyens de concilier sur le long terme activités maritimes et conservation.
Lors de son 59e Comité de protection de l'environnement marin, l'Organisation maritime internationale (OMI) approuve un ensemble de propositions de réduction volontaire des émissions des gaz à effet de serre pour les navires. Un indice d'efficacité énergétique est adopté pour déterminer la consommation de carburant et les rejets de CO2 des navires dès leur conception. Le transport maritime, jusqu’à présent exclu des mécanismes du protocole de Kyoto, représente près de 3 % des émissions mondiales de CO2, et les émissions de GES du secteur devraient augmenter de 150 à 250 % d'ici 2050. Pour les organisations environnementalistes, dont le WWF, ces propositions demeurent insuffisantes pour avoir un effet positif sur le changement climatique.
Le gouvernement britannique annonce un plan de construction de 7 000 éoliennes sur terre et sur mer d’ici 2020, dont la puissance permettra de générer un tiers de la production d’électricité renouvelable du pays. Le programme, qui devrait créer 400 000 emplois « verts », fait partie d’un vaste ensemble de mesures visant à stimuler la diversification de la production énergétique : du soutien à la recherche dans le secteur nucléaire à l’accélération de la connexion des installations renouvelables au réseau, du financement des initiatives individuelles en énergies renouvelables à l'exploration du potentiel géothermique. Ces mesures devraient permettre une réduction de 34 % des émissions de CO2 d’ici 2020.
Alors qu’en 2003, la banquise arctique était constituée de 62 % de glace permanente et 38 % de glace saisonnière, ce rapport s’est inversé en 2008, avec une proportion de 68 % pour la glace saisonnière. Ces données sur l'évolution de l'épaisseur de la banquise arctique entre 2004 et 2008, publiées par la NASA dans le Journal of geophysical Research-Oceans, viennent confirmer les bouleversements subis par les pôles en raison du réchauffement climatique et de l'altération de la circulation des glaces. Ils laissent entrevoir la disparition à terme de la banquise arctique en été.
La Commission suédoise pour le changement climatique et le développement publie un rapport intitulé Closing the Gaps: Disaster risk reduction and adaptation to climate change in developing countries, et formulant des recommandations pour lutter contre la pauvreté tout en agissant contre le changement climatique. Elle appelle notamment à une meilleure coordination régionale (Union européenne, Mercosur, Asean...) pour aider les pays à produire des informations et des connaissances liées au changement climatique.
Dans un rapport intitulé Le coût humain du changement climatique, Oxfam International prévient que, sans actions concrètes et immédiates, le changement climatique réduira à néant 50 ans de lutte contre la pauvreté. L’ONG rappelle que 375 millions de personnes pourraient être victimes de désastres climatiques d’ici à 2015. D’ici à 2050, le manque de nourriture, de terres ou les dégradations environnementales pourraient créer 200 millions de réfugiés climatiques.
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) publie son rapport annuel, la Vie sauvage dans un monde en mutation, qui présente la liste rouge des espèces menacées. Cette étude contribue à l'évaluation de l'avancement de l’objectif 2010 de réduction de la perte de la biodiversité et analyse la situation de 44 838 espèces sur les 1,8 million répertoriées. 16 928 espèces sont menacées d’extinction. 869 espèces sont éteintes ou éteintes à l’état sauvage, et ce chiffre atteint 1 159 si on y ajoute les 290 espèces en danger critique d’extinction. Le rapport souligne cependant l'impact des efforts de conservation qui ont amélioré la situation de 37 espèces de mammifères en 2008 ou évité l'extinction de 16 espèces d’oiseaux depuis 15 ans.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) publient un rapport conjoint sur les liens entre commerce et changement climatique. Selon l'étude, l’ouverture du commerce et la lutte contre le changement climatique peuvent se renforcer mutuellement et contribuer à la création d’une économie pauvre en carbone, voire à l'atténuation et l'adaptation au changement climatique. La libéralisation des échanges améliorerait en effet la diffusion et l'accès aux biens et services respectueux du climat.
La Commission baleinière internationale (CBI) se réunit à Madère (Portugal) pour sa 61e réunion annuelle. Les 85 États membres constatent l'échec des négociations menées sur le moratoire de la chasse à la baleine et décident de les prolonger d'un an. Le conflit oppose les pays défendant le droit à la pêche commerciale à ceux qui exigent la protection de l'espèce, comme l'Australie et le Royaume-Uni. Officiellement interdite depuis le moratoire de 1986, la chasse à la baleine commerciale est pratiquée par la Norvège (depuis 1993) et par l'Islande (2006). Le Japon, qui autorise la chasse à des fins scientifiques, veut désormais reprendre la chasse commerciale au large de ses côtes.
Les scientifiques de la NASA révèlent que les glaciers de Patagonie perdent d’immenses zones de masse glaciaire. La dernière expédition de recherche menée dans le sud de la Patagonie, dans les Alpes chiliennes et les Andes argentines montre une disparition des glaciers beaucoup plus rapide qu'attendue. Ce phénomène viendrait de la perte de glace dans les zones de plus haute altitude. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que la fonte commençait par les glaces situées dans les zones les plus basses des glaciers et que les sections les plus élevées venaient compenser la perte de glace en basse altitude.
L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Banque mondiale publient l’ouvrage Awakening Africa's Sleeping Giant - Prospects for Commercial Agriculture in the Guinea Savannah Zone and Beyond, synthèse d’une étude sur la sous-exploitation des terres du continent et sur les conditions du développement agricole de la savane guinéenne. Aujourd'hui, seuls 10 % de cette vaste bande de 600 millions d'hectares traversant 25 pays, du Sénégal jusqu'en Afrique du Sud, sont effectivement cultivés. Selon l'ouvrage, 400 millions d'hectares conviendraient à l'exploitation agricole commerciale, qui pourrait en outre générer un développement équitable si cette transformation est conduite par de petits exploitants.
La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification célèbre sa journée mondiale autour du thème de la conservation des terres et de l'eau. Cette journée met en évidence les possibles et nécessaires coopérations internationales dans la lutte contre la dégradation des sols, dont les conséquences sur l'économie et la sécurité humaine sont majeures. Les pertes annuelles de revenus en termes bruts liées à la désertification sont estimées à 332-355 millions de dollars (10 à 11 % du PIB agricole) en Éthiopie, 67-78 millions de dollars (9,5 à 11 % du PIB agricole) au Malawi ou encore 58-68 millions de dollars (5,5 à 6,5 % du PIB agricole) au Mali.
La Maison-Blanche rend public un rapport du U.S. Global Change Research Program sur les changements climatiques aux États-Unis et leurs impacts, qui met l’accent sur l'ampleur des évolutions déjà observables et le rôle de l’activité humaine dans leur aggravation future. Les régimes pluviaux ont déjà changé : l'occurrence de pluies torrentielles, par exemple, est aujourd'hui 20 % plus fréquente qu'il y a 50 ans, en particulier dans le Nord-Est et dans le Middle-West. En 50 ans, la température moyenne aux États-Unis s'est accrue de 1,1 °C, ce qui place le pays parmi les endroits du globe où la température a le plus augmenté. Les sècheresses menacent les rendements agricoles et l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère réduit l'impact des herbicides. Beaucoup d'espaces urbanisés sont menacés par la montée des eaux marines et des rivières. Pour les auteurs, ces données plaident pour une transition accélérée des modes de consommation énergétique américains pour limiter les émissions et l'ampleur des changements climatiques nationaux.
Le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) se réunit à Ekaterinbourg (Russie) pour son premier sommet formel. Forts de leur potentiel de croissance et de leur poids économique – 15 % du commerce mondial –, les quatre pays s’accordent sur un agenda prioritairement économique et financier : lutte contre la crise, réforme du système financier international, sécurité énergétique et alimentaire. Ils plaident aussi pour un accroissement du rôle de leurs pays au sein des institutions de Bretton Woods (Fonds monétaire international et Banque mondiale), profitant de leur bonne santé économique pour y accroître leur participation financière. Pour beaucoup d'analystes financiers, le BRIC a de grandes chances de supplanter le G7 d’ici 20 ans.
L’ONU ouvre une conférence sur le changement climatique à Bonn (Allemagne), réunissant les 162 pays de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) afin d'élaborer un nouveau protocole qui succèdera à celui de Kyoto. Les pays riches, tels les États-Unis ou le Japon, sont critiqués pour leur manque de volontarisme. Le traité de Copenhague sur le climat, publié par un collectif d'ONG, dont Greenpeace et WWF, les appelle à réduire d’au moins 40 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport à 1990. Il leur recommande aussi de s'engager, sur la période 2013-2017, à verser au moins 160 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à s'adapter au changement climatique.
Le Japon annonce des objectifs officiels de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l'après-2012 : -15 % par rapport à 2005, soit environ -8 % par rapport à 1990. Pour les environnementalistes, comme le WWF, le Japon ne prend toujours pas ses responsabilités internationales : cet engagement n'est pas significatif par rapport à l'objectif de -6 % par rapport à 1990 fixé par le protocole de Kyoto. Il représente néanmoins un objectif difficile à atteindre dans un pays qui a vu croître ses émissions de +9 % ces dix dernières années et où l'industrie, responsable de 64 % des émissions directes du pays, s'oppose à toute politique stricte de réduction des émissions.
À l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, dont l’édition 2009 se tient au Mexique, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publie un rapport intitulé The Natural Fix? The Role of Ecosystems in Climate Mitigation. Il défend l'idée qu’augmenter les investissements dans la conservation, la réhabilitation et la gestion des forêts, tourbières, sols et autres écosystèmes limite les émissions de gaz à effet de serre et évite leur dispersion naturelle dans l’atmosphère. Cette mesure serait par ailleurs sans doute moins coûteuse que les dizaines de milliards de dollars consacrés aujourd'hui au captage et au stockage du carbone dans les centrales thermiques et à l’enfouissement du CO2 sous terre ou au fond des océans.
700 collectivités territoriales représentant 160 pays se réunissent à Copenhague (Danemark) pour réaffirmer le rôle fondamental qu’elles jouent et continueront à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Si les villes figurent parmi les principaux pollueurs, elles sont aussi les acteurs les plus dynamiques et novateurs en matière de réduction des gaz à effet de serre et disposent déjà de nombreux outils pour le faire en matière de coopération à long terme, d'adaptation, de financement ou de renforcement institutionnel. Le sommet adopte, par ailleurs, une position commune demandant la reconnaissance des gouvernements locaux et de leurs efforts par la Conférence des Nations unies de Copenhague en décembre 2009.
L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publie une note d’orientation sur la diminution des gaz à effet de serre dans l’agriculture des pays en développement. L'agriculture, source prépondérante de gaz à effet de serre, représente 14 % des émissions mondiales, tandis que les changements d'affectation des terres (comme la déforestation) sont responsables de 17 % des émissions. De 1990 à 2005, les émissions dues à l'agriculture des pays en développement se sont accrues d'environ 30 % et sont appelées à augmenter. Le rapport préconise la création de nouveaux dispositifs financiers plus flexibles, pour inciter les agriculteurs et les petits exploitants à réduire leurs émissions.
Le Forum humanitaire mondial, créé par Kofi Annan, présente un rapport intitulé L'impact humain du changement climatique - anatomie d'une crise silencieuse. Selon l'étude, 300 000 morts par an sont dues au changement climatique. La malnutrition, liée à la baisse des rendements agricoles et aux difficultés d’accès à l’eau, constitue la première cause de mortalité devant la santé. Les sècheresses, les cyclones et les inondations mettent ainsi en péril la sécurité alimentaire des pays du Sud. La diffusion de certaines maladies s’accélère aussi, et le réchauffement augmente le nombre de personnes exposées au paludisme (dix millions de nouveaux cas) et aux maladies hybrides de type grippe aviaire. De nouvelles données qui rendent nécessaires une adaptation des structures, des modes d'action et des financements humanitaires.
200 à 250 millions de réfugiés environnementaux d'ici 2050 : cette prévision, établie par Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, est au centre du rapport sur les réfugiés environnementaux publiée par l’association environnementale italienne Legambiente. Les personnes contraintes de quitter leur pays en raison du réchauffement du climat dans les années qui viennent seront ainsi plus nombreuses que celles fuyant les guerres. L'ONG appelle en conséquence à une reconnaissance spécifique des droits des réfugiés climatiques, dont la situation n'est pour l'instant absolument pas envisagée par la Convention de Genève.
200 à 250 millions de réfugiés environnementaux d'ici 2050 : cette prévision, établie par Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, est au centre du rapport sur les réfugiés environnementaux publiée par l’association environnementale italienne Legambiente. Les personnes contraintes de quitter leur pays en raison du réchauffement du climat dans les années qui viennent seront ainsi plus nombreuses que celles fuyant les guerres. L'ONG appelle en conséquence à une reconnaissance spécifique des droits des réfugiés climatiques, dont la situation n'est pour l'instant absolument pas envisagée par la Convention de Genève.
Le Forum des économies majeures (MEF) rassemble à Paris les pays du G8, les grands émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Mexique) ainsi que la Corée du Sud, l'Indonésie et l'Australie. Ces pays représentent 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cette rencontre inaugure les futures négociations en amont de la conférence de Copenhague prévue en décembre prochain. L'UE estime que l'Amérique doit se rapprocher des objectifs qu'elle s'est elle-même fixée (- 20 % d'émissions en 2020 par rapport à 1990, voire - 30 % en cas d'accord mondial). La Chine va plus loin dans ses exigences et réclame une réduction de 40 % au moins des émissions des pays riches.
Les maires des grandes métropoles adoptent la Déclaration de Séoul, lors de la 3e édition du sommet « C40 », qui réunit dans la capitale sud-coréenne les représentants des 40 villes membres et de la quinzaine de villes associées. Ils engagent leurs villes dans l’effort collectif contre le changement climatique, en se fixant comme objectif de les transformer en zones de faible émission grâce à des plans d'action établis pour le changement climatique urbain portant sur le développement des voitures non-polluantes, le traitement des déchets ou les nouvelles technologies. La déclaration prévoit aussi des plans de suivi pour rendre compte des résultats des efforts réalisés lors du prochain sommet qui aura lieu à São Paulo au Brésil en 2011. Plus de 50 % de la population mondiale vit aujourd’hui en ville, ce qui représente 75 % de la consommation d’énergie mondiale.
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L’Indonésie accueille 76 États à la première Conférence mondiale sur les océans à Manado. La conférence vise à intégrer la question des océans à l'agenda des Nations unies en vue du sommet de Copenhague en décembre prochain. La Déclaration finale de Manado souligne en effet les risques du réchauffement climatique sur la vie marine et sur les populations humaines vivant près des côtes. La montée du niveau de la mer devrait entraîner de graves conséquences pour certains États insulaires, comme les Maldives, et dans les grands deltas d'Asie. Aider les pays les plus vulnérables à s'adapter demanderait notamment de déplacer leurs habitants menacés par la montée des mers et de protéger leurs mangroves ou les récifs coralliens.
La Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) tient sa 4e Conférence des Parties à Genève. Elle interdit neuf nouvelles substances, dont certaines sont largement utilisées comme pesticides ou retardateurs de flamme. Par ailleurs, la Convention renforce sa pression contre le recours au DDT dans la lutte contre le paludisme, poursuit sa campagne pour l'élimination des polychlorobiphényles (PCB) et soutient la mise en place d'un programme global de surveillance des effets des POP sur l’environnement et les êtres humains.
Les ministres de l'Environnement du G8 et des pays émergents (Brésil, Chine, Inde, Mexique, Afrique du Sud, Australie, Corée du Sud, Égypte, Indonésie) se réunissent à Syracuse (Sicile) et adoptent une charte faisant de la biodiversité une grande cause mondiale au même titre que la lutte contre le réchauffement climatique. Pour les signataires, le temps est compté pour le maintien des espèces animales et végétales, et il faut absolument atteindre les objectifs de conservation fixés pour 2010 pour ensuite aller au-delà.
La Confédération des syndicats agricoles d'Afrique du Sud se réunit à Durban. Le South Africa’s Council for Scientific and Industrial Research présente, à cette occasion, une étude de l'impact probable du changement climatique sur la production agricole du pays durant les 70 prochaines années. Selon le scénario retenu, les températures moyennes devraient augmenter de 6 °C et la pluviométrie baisser de 40 % dans certaines régions. La production agricole pourrait alors être divisée par deux. Déjà la productivité de certaines denrées de base comme le maïs s'est réduite. Les scientifiques sud-africains appellent en conséquence à des efforts considérables dans le secteur pour l'adapter au changement climatique en cours.
a Commission pour la conservation du thon (ICCAT) annonce les quotas de pêche du thon rouge pour 2009, provoquant une nouvelle déception de la part des scientifiques et des organisations écologistes. Le tonnage accordé (22 000 tonnes) est en effet à peine moins élevé que le tonnage pêché en 2008 (28 500 tonnes) et bien supérieur aux recommandations des scientifiques qui estiment le total admissible de capture entre 8 500 et 15 000 tonnes. On est également très loin du moratoire sur le thon rouge demandé pour rétablir les stocks rapidement et durablement. Récusant la capacité effective de gestion des ressources en thon de l'ICCAT, Greenpeace et le WWF demandent l’inscription du thon rouge dans la liste de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages (Cites) et appellent au boycott de ce poisson.
La conférence des parties à la convention des Nations unies sur le changement climatique se réunit à Poznan (Pologne) un an avant la conférence de Copenhague qui devrait permettre de fixer le cadre de l'après-Kyoto. Le principal résultat a été la réforme du Fonds pour l'adaptation. Grâce à l'accord obtenu à Poznan, cet instrument est à présent opérationnel et permet donc de financer des projets d'adaptation dans les pays les plus vulnérables. Il est alimenté par une taxe prélevée sur les projets du Mécanisme de développement propre, validant les investissements faits par les industries du Nord dans les pays du Sud en échange de quotas de CO2. Ces derniers avaient réclamé que les prélèvements qui financent ce fonds soient étendus à l'ensemble des mécanismes de transactions de quotas du protocole de Kyoto.
La conférence de suivi de la mise en œuvre du consensus de Monterrey, défini en 2002, se tient à Doha (Qatar). Son objet n’est pas de de susciter de nouveaux engagements des bailleurs de fonds mais de mesurer les projets réalisés en termes d'augmentation de l'aide, de réduction de la dette, de lutte contre la corruption ou d’établissement de partenariat public-privé. Néanmoins, dans un contexte de crise financière mondiale et de grands plans de sauvetage des institutions bancaires des pays riches, l'absence de financement supplémentaire est vivement critiquée par les ONG comme un abandon des plus pauvres. Les autres résultats – comme le principe d'une répartition équitable de l'aide entre hommes et femmes, la garantie et la facilitation des transferts des migrants ou la lutte contre l'évasion fiscale – passent presque inaperçus.
Les experts réunis à Madrid par l'OMS définissent un agenda de recherche prioritaire visant à évaluer les effets du changement climatique sur la santé humaine. Le sujet est mal connu : l'impact de la pollution sur la santé a été 40 fois plus étudié que les effets du climat ces dix dernières années. L'objectif est d'apporter des preuves de l'impact du climat sur la santé à la conférence des Nations unies sur le climat de Copenhague en décembre 2009.
L'ONG Birdlife International publie L’État des populations d’oiseaux dans le monde à l'occasion de sa conférence mondiale quadri-annuelle à Buenos Aires. Les populations d'oiseaux constituent un bon indicateur de la répartition de la biodiversité et du changement de l’environnement mondial : une espèce sur huit est menacée d’extinction - notamment les albatros, les grues, les perroquets, les faisans et les pigeons. Le rapport dénonce non seulement l’expansion et l’intensification des industries agroalimentaires et halieutiques, l’exploitation forestière, la colonisation des espèces invasives, la pollution, la chasse aux oiseaux sauvages ou le changement climatique, mais aussi le manque de valorisation de la nature par les systèmes économiques.
Le G8 se réunit à Hokkaido, Japon, sous le signe de la lutte contre le réchauffement climatique. Les nations industrialisées réitèrent leur engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre mais ne prennent pas de nouveaux engagements.
La CNUCED se réunit à Accra (Ghana) pour sa 12e session. La déclaration finale et de nombreuses déclarations faites pendant la conférence insistent sur l'importance du système commercial pour induire et renforcer le développement, en particulier en Afrique sub-saharienne qui reste la région la plus éloignée de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement en 2015. La déclaration prend aussi acte de la place prise par les pays émergents dans la croissance mondiale et propose de leur donner plus de place dans les processus de régulation, à la CNUCED mais aussi à l'OMC.
L'Union européenne lance un grand projet de recherche sur l'acidification des océans (EPOCA) provoquée par l'absorption du CO2 contenu dans l'atmosphère. Au cours des 200 dernières années (depuis le début de l'ère industrielle), les espaces marins ont absorbé le tiers du gaz carbonique produit par les activités humaines, soit 120 milliards de tonnes. Si ce rôle de régulateur est avéré, l'impact de ce phénomène sur les organismes et les écosystèmes marins est mal connu. Le programme de recherche doit permettre d'anticiper les évolutions à venir et d'émettre des recommandations en direction des responsables politiques.
L'ALENA, le traité de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, entre pleinement en vigueur, faisant disparaître les dernières barrières douanières agricoles au Mexique sur le maïs, les haricots, le sucre et le lait. Cette dernière étape provoque la colère des organisations paysannes mexicaines qui manifestent pour rappeler que maïs et haricots sont à la fois les aliments de base de l'alimentation du Mexique et les deux principales productions de millions d'agriculteurs. Le maïs américain signerait pour eux la fin de l'agriculture paysanne et renforcerait l'émigration.
La 9e Conférence des Nations unies pour la diversité biologique (CDB) se réunit à Bonn, rappelant une nouvelle fois l'importance de la biodiversité et la réalité des menaces qui pèsent sur elle. Les 168 membres s'engagent à avoir négocié pour2010 un traité international sur l'utilisation des ressources génétiques, très attendu par les pays du Sud malgré l'opposition systématique à la mise en place d'un tel régime de commercialisation, formulée par le Japon, le Canada, la Nouvelle Zélande et l'Australie. Le 28, l'Allemagne lance une nouvelle initiative financière Lifeweb qui doit permettre de trouver de nouveaux financements pour les zones protégées. Le gouvernement allemand montre l'exemple en s'engageant à mobiliser 85 millions de dollars d'ici 2013 pour lutter contre la déforestation et à amener la même somme chaque année après 2013.
Le G20, réunissant les pays les plus développés et les plus polluants de la planète, se réunit au Japon pour réfléchir à un compromis dans la négociation en cours d'un accord sur le climat après Kyoto. Si tous les participants ont reconnu détenir « une responsabilité commune, mais différenciée » dans le réchauffement climatique, les pays du Sud les plus développés (comme l'Inde ou l'Afrique du Sud) ont rappelé qu'un Américain émet toujours vingt fois plus de gaz à effet de serre qu'un habitant des pays émergents.
Les vingt-sept pays membres de l'UE adoptent le Paquet Energie-Climat basé sur les propositions de la Commission de mars 2007. Le paquet fixe trois objectifs pour 2020 : réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990, porter la part des énergies renouvelables à 20 % de la consommation et réaliser 20 % d'économies d'énergie.
La mise en place du mécanisme d'enchère des quotas d'émissions, visant à réduire de 21 % les émissions de gaz à effet de serre de l'industrie, sera progressive. Les industriels devront acheter 20 % des quotas d'émissions à partir de 2013, 70 % en 2020 et 100 % en 2027. Le maintien de l'allocation gratuite des quotas pour les secteurs les plus énergivores et exposés aux délocalisations et à la concurrence internationale, souhaitée par l'Allemagne, est maintenu tant qu'un accord international n'est pas trouvé à ce sujet. Les secteurs non industriels (logement, transport, agriculture…) seront contraints de réduire de 10 % leurs émissions.
Dans un objectif d'équité, les nouveaux États membres verront leurs efforts allégés afin de ne pas freiner leur rattrapage économique. Le texte final prévoit également de réserver aux pays les moins favorisés (nouveaux États membres, Grèce, Espagne, Portugal) 10 % des quotas européens. Les enchères devraient rapporter 30 milliards d'euros, contre 50 milliards initialement prévus par la Commission européenne. Dans le domaine de l'électricité, l'accord a validé la mise aux enchères à 100 % dès 2013, mais les nouveaux États membres pourront bénéficier de dérogations limitées jusqu'en 2020. Ainsi, les centrales existantes et en construction dans certains pays (Malte, Chypre, Pologne, Bulgarie…) ne seront que progressivement soumises aux marchés des quotas.
L'Union européenne rend public un rapport évaluant à 10 670, les espèces animales et végétales exotiques présentes sur le territoire européens. 15 % des espèces recensées produisent des dégâts avérés sur l'environnement, comme la prolifération des méduses Rhopilema nomadica dans les stations balnéaires méditerranéennes, sur l'économie ou sur la santé, tel que des plantes ornementales qui provoquent des brûlures cutanées.
L'Assemblée générale des Nations unies adopte un accord sur la protection internationale des forêts, résultat de quinze ans de négociations. Intitulé « Instrument juridiquement non contraignant concernant tous les types de forêts », le texte pose des normes de bonne gestion des forêts pour assurer leur conservation, l'utilisation efficace et durable des ressources et lutter contre la déforestation. Il crée ainsi une référence juridique internationale affirmant les droits des 1,2 milliards d'humains dépendants de la forêt pour leur survie. Néanmoins, son caractère non contraignant montre les limites de l'engagement international en la matière.
187 membres des Nations unies s'engagent à entamer un cycle de négociations dans un délai de deux ans pour formuler un nouveau traité et réduire massivement les émissions de gaz carbonique responsable du réchauffement climatique. La "feuille de route" adoptée devrait conduire ses signataires à adopter à Copenhague en 2009 un traité prenant la suite du protocole de Kyoto, qui arrive à terme en 2012.
Le Sénat américain approuve une loi sur l'énergie qui élève les normes de consommation d'énergie pour la première fois depuis 30 ans. Les moteurs moyens devraient atteindre la consommation de 7 litres aux cent kilomètres soit 40 % de plus qu'auparavant. Le résultat est moins ambitieux que le projet démocrate qui demandait la surpression d'un allègement des taxes sur le pétrole à hauteur de 22 milliards de dollars, somme qui devait être réorienté vers le soutien des énergies renouvelables.
La Banque mondiale lance à la conférence de Bali sur la lutte contre le changement climatique deux nouveaux mécanismes financiers : le Forest Carbon Partnership Facility permettant de compenser les efforts de conservation des forêts tropicales la déforestation étant responsable d'environ 20 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre dues à l'activité humaine dans le monde ; et le Carbon Partnership Facility s'adressant aux projets de production délectricité, defficacité énergétique, de torchage de gaz, de transport et de développement urbain. Ce fonds permettra dacheter les quantités de gaz à effet de serre économisées par un ensemble de projets dans un pays, plutôt que projet par projet.
GlobeScan, le World Conservation Union, l'UICN et la Banque mondiale publient conjointement un sondage réalisé auprès de 1 000 hauts-fonctionnaires, scientifiques, responsables ONG et entrepreneurs dans 105 pays. Selon l'étude, la quasi totalité de ses responsables pensent que le climat sera un déterminant-clé de leurs activités professionnelles dans l'avenir. Seuls 27 % d'entre eux estiment probable ou très probable qu'un autre accord prenne la suite du protocole de Kyoto en 2009.
Plus de 200 scientifiques de renommée internationale signent la déclaration de Bali sur le climat appelant les politiques à agir rapidement. La déclaration, préparée par l'Université de Galles du Sud (Australie), juge nécessaire une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans la décennie à venir pour leur division par deux en 2050. La déclaration appelle pour cela à un nouvel accord international pour empêcher le réchauffement de dépasser plus de deux degrés les températures de l'ère pré-industrielle.
L'ONG indienne Center for Science and Development, très active dans la négociation climatique internationale depuis le début, publie un rapport sur la mise en oeuvre du Mécanisme de développement propre (MDP), l'accusant de privilégier le développement d'un marché plutôt qu'un réel transfert de technologie. Le MDP favoriserait ainsi les méthodes de réduction d'émissions les moins coûteuses pour les pays industrialisés au détriment d'un réel transfert de technologie ou le développement de technologies propres adaptées aux pays pauvres. Les projets d'énergie solaire, éolienne, d'utilisation propre du charbon ou la plantation de forêts restent ainsi trop peu nombreux parmi les actions financées par le MDP.
Le premier ministre australien signe le protocole de Kyoto, qui entrera en vigueur dans son pays 90 jours plus tard. Le chef du gouvernement travailliste élu le 24 novembre en avait fait une promesse pendant la campagne contre les conservateurs au pouvoir depuis onze ans et opposés au protocole depuis sa création en 1997. Suite à cette décision australienne, les Etats-Unis sont désormais le seul pays développé à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto.
Le Partnership for Tropical Forest Margins (ASB) publie une étude sur le coût de la déforestation, comparant les gains obtenus par la coupe des forêts en Afrique centrale, en Amazonie et en Asie du Sud-Est avec la valeur des émissions de carbone ainsi engendrées. Pour une tonne de carbone émise, les produits forestiers générés ne rapportent que rarement plus de 5 dollars alors que le cours d'une tonne de carbone atteint 23 dollars en moyenne sur le marché européen. L'étude conclut ainsi à la rationalité économique des alternatives à la déforestation tropicale.
Le G8 research group de l'université de Toronto publie une revue des politiques menées par le G8 en matière de protection du climat et de recherche d'énergies propres depuis 1975. L'étude souligne la place prise par l'environnement dans les missions du G8 depuis son lancement et la solidité des engagements pris et remplis à 75 %.
Le président de l'assemblée générale des Nations unies, lance un groupe de travail sur le renforcement de l'autorité et du statut de l'assemblée. Parallèlement, il présente le programme de travail de la 62e session : la lutte contre le terrorisme en décembre, le changement climatique en février 2008 et la réforme de la gestion de l'ONU en avril.
Les 53 membres du Commonwealth se réunissent à Kampala et échouent à élaborer une déclaration commune sur la lutte contre le réchauffement climatique avant les discussions de Bali en décembre. Si la majorité plaide pour un engagement substantiel et sans équivoque, le Canada continue de conditionner son soutien à l'exigence de voir la Chine et l'Inde prendre des engagements chiffrés et datés de réduction de leurs émissions. Le passage de l'Australie dans le camp des pro-Kyoto après la victoire des travaillistes, le 17 novembre, n'a pas suffi à changer la donne.
La directive européenne sur la prévention des inondations entre en vigueur dans les 27 États membres. Elle impose une gestion transfrontalière des risques et l'implication des citoyens. La mise en uvre prévue distingue trois étapes : une évaluation des risques par bassin et zones côtières pour 2011 ; une cartographie des risques pour 2013 ; des plans de gestion des risques pour 2015.
Le directeur générale de l'OMC annonce le doublement de l'aide au commerce pour les pays les plus pauvres d'ici 2010. Ces nouveaux fonds devraient permettre de soutenir la croissance et la lutte contre la pauvreté. Les principaux secteurs concernés seraient les infrastructures, les transports, les télécommunications, les installations douanières, le financement du commerce, et les contrôles sanitaires sur les produits, notamment les produits alimentaires.
La Convention des Nations unies sur les changements climatiques annonce que les émissions de gaz à effet de serre des quarante pays industrialisés ont atteint des niveaux records en 2005. Les émissions dues aux transports ont augmenté au rythme le plus rapide. Parmi les trente-six pays industrialisés qui ont ratifié le protocole de Kyoto, seuls la France (-1,9 %), l'Allemagne (-18,4 %), la Suède (-7,3 %), et le Royaume-Uni (-14,8 %) ont effectivement réduit leurs émissions polluantes. À l'inverse, les émissions de l'Espagne ont augmenté de 53 %, celles du Portugal de 42,8 %, du Canada de 25,3 %, de l'Irlande de 26,3 % et celles du Japon de 6,9 % par rapport à 1990.
Quatre pays du Golfe Arabie saoudite, Koweit, Qatar et les Émirats arabes unis - créent un fonds destiné au développement de technologies pétrolières plus efficaces et plus propres, ainsi que de stockages de carbone. Le Fonds devra aussi faciliter le transfert de ces technologies vers les 12 pays de l'OPEP et les pays en développement. L'Arabie saoudite s'est engagée à hauteur de 300 millions de dollars, les trois autres pays apportant chacun 150 millions de dollars.
Le Comité de Pilotage International dun Mécanisme International dExpertise Scientifique sur la Biodiversité (IMoSEB en anglais pour International Mechanism of Scientific Expertise on Biodiversity) se réunit à Montpellier. L'idée est de créer une institution similaire au GIEC en matière de biodiversité, qui pourrait produire une expertise solide et consensuelle permettant de guider l'action des politiques
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (GIEC) se réunit à Valence en Espagne et adopte un rapport alarmiste sur l'état du réchauffement du climat. Il constate la multiplication des signes de l'augmentation des températures moyennes de l'air et des océans, de la fonte des neiges et des glaces ou de la montée du niveau de la mer. Le GIEC souligne que la progression des émissions de CO2 doit s'être arrêtée en 2015 si on veut pouvoir réduire l'impact du changement climatique.
Le XXe Congrès mondial de l'énergie regroupant les dirigeants des grands groupes énergétiques mondiaux (pétrole, gaz, électricité, charbon.) se réunit à Rome. À l'exception de l'Agence de l'énergie atomique qui insiste sur les contraintes financières et techniques, lensemble des participants présente le recours à l'énergie nucléaire comme le seul moyen de répondre à la fois aux besoins d'approvisionnement et à l'impératif de réduction des émissions de GES.
Le Center for Global Development (CGD) crée une base de données sur les émissions de CO2 et les sources énergétiques utilisées par les 50 000 centrales, tout combustible confondu, qui produisent l'électricité du monde. La production d'électricité compte pour 25 % des émissions mondiales de CO2. Aux États-Unis, ce taux atteint 40 %. Le CGD souhaite ainsi informer les citoyens, et de mobiliser lopinion publique.
La Commission européenne adopte quatre mesures, étendant ainsi le réseau Natura 2000 à plus de 4 255 nouveaux sites dans toute lEurope, soit une superficie totale de 90 000 km2. Natura 2000, le réseau communautaire de protection de la nature, a été créé en 1992. Son extension répond pour lessentiel à la prise en compte de l'environnement marin et à l'élargissement aux pays de l'Est.
Un sous-comité du Sénat américain approuve une proposition de législation bipartisane visant à réduire de 60 % les émissions de GES américaines d'ici 2050. La proposition crée un système d'attribution et d'échange de quotas d'émission comparables au système européen (EU-ETS). Si le vote final de cette mesure na pas encore eu lieu, ses opposants agitent déjà le spectre de la réduction de la compétitivité des entreprises américaines.
L'UICN publie son Handbook of European Freshwater Fishes, faisant apparaître que plus d'un tiers des 522 espèces de poissons d'eau douce européennes sont menacées d'extinction, et que les menaces pesant sur ces espèces sont plus importantes que pour les oiseaux ou les mammifères. Les barrages, l'irrigation et le contrôle des inondations sont désignés comme responsables de la détérioration de l'habitat des poissons d'eau douce, en particulier des espèces migratoires.
Les 27 ministres de l'Environnement européens se sont réunis à Luxembourg et ont adopté une résolution commune définissant leur vision du problème climatique et de leurs attentes avant la conférence internationale de Bali, de décembre. Leur priorité est de lancer un processus de négociation aboutissant à la conclusion, d'ici 2009, d'un accord mondial global pour l'après-2012. L'UE s'affirme aussi prête à diminuer de 30 % ses émissions de GES en 2020 comparé à 1990, si « les autres pays industrialisés s'engagent à des réductions comparables et que les pays en développement les plus avancés apportent une contribution équitable en fonction de leurs responsabilités et de leurs capacités. » Dans le cas contraire, l'UE limiterait ses ambitions à une réduction de 20%.
Le PNUE publie Geo4, un rapport sur l'état de l'atmosphère, de la terre, de l'eau et de la biodiversité. S'il salue des avancées pratiques et politiques, le rapport s'inquiète du peu de progrès réalisés dans le traitement des problèmes majeurs, soulevés en 1987 dans Notre futur commun (Rapport Brundtland) : la ""crise environnementale"", la ""crise du développement"", et la ""crise de l'énergie"" continue à poser un problème global qui doit trouver des solutions collectives et rapides partout.
La Commission européenne publie une communication dans laquelle elle reconnaît l'impossibilité de signer des accords de partenariat économique complets d'ici à la fin 2007, incluant biens, services et investissements, avec les 79 pays d'Afrique-Caraïbes- Pacifique. L'objectif pour la Commission se réduit ainsi à trouver un accord sur les marchandises d'ici la fin de l'année. La proposition ouvre le marché européen sans droits de douanes aux pays ACP qui auront signé un accord de libre-échange sur les marchandises, compatible avec l'OMC, d'ici la fin de l'année. A l'exclusion des pays les moins avancés (PMA), tous les pays ACP qui ne signeront pas devront faire face à des droits de douane plus élevés dans le cadre du Système de préférences généralisé (GSP) classique.
L'Académie nationale des sciences des États-Unis publie une étude soulignant l'augmentation de la concentration des émissions de gaz carbonique dans l'atmosphère de 35 % en 2006. Depuis les années 1990, elles seraient passées 7 à 10 milliards de tonnes par an, alors que le protocole de Kyoto prévoyait qu'en 2012, ces émissions responsables du réchauffement climatique devaient avoir baissé de 5 % par rapport à 1990
L'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud se rencontrent à Pretoria pour le second IBSA, le forum de coopération commun aux trois pays. Parmi les différents sujets abordés, la réforme des Nations unies et la présence permanente de leur pays respectif au Conseil de Sécurité sont sur l'agenda. Les trois pays entendent faire campagne ensemble pour obtenir des sièges permanents.
L'organisme de règlement des différends de l'OMC juge que les subventions et les crédits à l'exportation dont bénéficient les producteurs de coton américains ne sont pas conformes aux règles de l'OMC. Ces systèmes d'aide ont été mis en place en 2002 et dénoncés auprès de l'OMC depuis 2005. Quatre producteurs africains - Burkina Faso, Bénin, Tchad et Mali - ont constamment fait pression contre ces mesures jugées déloyales pour leurs propres producteurs. Ils ont été soutenus notamment par le Brésil, 5e exportateur mondial de coton. En vertu de cette décision du panel, les États-Unis pourraient être condamnés à plusieurs milliards de dollars au titre de sanctions commerciales et perdre sa place de 2e exportateur mondial de coton.
L'académie Nobel décerne le prix nobel de la paix conjointement au GIEC (Groupe dexperts intergouvernemental sur lévolution du climat) et à Al Gore pour leur rôle d'alerte et d'information à propos du changement climatique.
Le fournisseur d'électricité AEP accepte de payer 4,6 milliards de dollars pour réduire les émissions nocives de 16 centrales thermiques à charbon qui, depuis 8 ans, violent la législation américaine, le Clean Air Act, loi fédérale adoptée en 1990, fixant des normes d'émissions pour les centrales thermiques et les usines chimiques. AEP devra aussi payer 15 millions de dollars de dédommagement et financer à hauteur de 60 millions de dollars des projets de réparation de certains des préjudices causés par la pollution. L'entreprise était poursuivie par une coalition d'autorités locales et d'associations environnementalistes.
Une centaine de pays en développement emmenés par l'Afrique du Sud exigent que les dispositions de l'agenda de Développement, adopté à Doha en 2001, soit intégrées à la proposition d'accord sur l'accès aux marchés pour les produits non-agricoles présentée en juillet 2007. La proposition de juillet propose une réduction de 40 % des droits de douane des pays industrialisés et de 55 % pour les pays en développement - une proposition inacceptable sans aménagements selon les seconds. Les États-Unis se sont immédiatement opposés à tout aménagement.
La conférence annuelle de la Clinton Global Initiative souligne le besoin de financement pour que l'Afrique s'engage sur la voie d'une croissance compatible avec la lutte contre le changement climatique. Le marché actuel des émissions de CO2 s'élève à 30 milliards de dollars et bénéficie avant tout à l'Inde et la Chine. L'Afrique ne produit que 3 % des crédits vendus, contre 61 % pour la Chine et 12 % pour l'Inde.
Le Secrétaire général des Nations unies réunit un panel de haut-niveau sur le changement climatique auquel participent 150 pays et 70 chefs d'État ou de gouvernement. Malgré l'absence du président américain Bush, il veut y voir l'engagement à obtenir des résultats lors des négociations de la 13e conférence des parties, à Bali en décembre.
Les délégués des 191 pays signataires du protocole de Montréal sur l'élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone se réunissent vingt ans après sa signature. Le traité a réussi à stopper totalement la production des chlorofluorocarbures (CFC), notamment utilisés dans les aérosols et les systèmes de réfrigération, au prix de dépenses relativement modiques - 1,9 milliard d'euros. Les scientifiques estiment que grâce à lui, la couche d'ozone retrouvera son état de 1980 vers 2055. Le 21 septembre, les signataires ont décidé à l'unanimité d'accélérer l'élimination des hydrochlorofluorocarbones (HCFC) à partir de 2009.
L'Unesco ajoute 23 nouvelles aires protégées à son réseau de conservation, Man and Biosphere, qui couvre maintenant 529 sites dans plus de 100 pays. Depuis les années 70, le programme soutient ainsi la conservation, en aidant les aires protégées à trouver les moyens financiers et humains nécessaires pour mener leur mission
L'Unitaid, le fonds d'achat de médicaments pour le sida, le paludisme et la tuberculose, fête son premier anniversaire. Grâce à ses achats groupés, il peut fournir un traitement du sida chez les enfants 40 % moins cher que le marché mondial et des anti-rétroviraux à un prix de 25 à 50 % moins élevé. Quatre pays Botswana, Cameroun, Ouganda et Zambie en ont déjà bénéficié et treize autres sont sur le point de le faire. Fin 2007, il aura permis de traiter 150 000 enfants dans 19 pays contre la tuberculose.
La 8e conférence des parties à la convention de lutte contre la désertification se réunit à Madrid. Plus de 250 millions de personnes sont affectées dans le monde par la désertification. Le coût annuel de l'avancée des déserts est estimé à 42 milliards de dollars, sans compter les migrations, les famines et les guerres. La convention, entrée en vigueur en 1996, manque toujours de moyens d'action. Son principal résultat est d'avoir conduit 37 pays africains à établir des plans d'action nationaux contre la désertification des plans qui restent rarement financés.
Les Nations unies organisent à Rome un atelier de trois jours sur les mesures d'adaptation au changement climatique. 150 experts, représentant des gouvernements, des organismes internationaux ou des ONG ont échangé leurs expériences dans les domaines de l'agriculture, de la sécurité alimentaire, des ressources en eau, des zones côtières et de la santé.
L'UICN publie une nouvelle liste rouge des espèces animales et végétales les plus menacées. L'organisation s'alarme du rythme de disparition des spécimens de ces espèces et du peu de résultats des efforts de conservation. 785 espèces seraient éteintes et 65 autres nexistent plus quen captivité ou en culture. Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes recensées dans la Liste rouge de lUICN 2007 sont en péril. La France fait partie des dix pays les plus touchés.
Des délégués de plus de 100 pays adoptent, à l'initiative de la FAO, un plan d'action mondial pour les ressources génétiques animales. L'objectif est de stopper lérosion de la diversité des animaux d'élevage et de soutenir l'utilisation durable, la mise en valeur et la conservation des ressources zoogénétiques. Le 3 septembre, la FAO a publié The State of the World's Animal Genetic ressources qui insiste sur la perte graduelle de biodiversité dans les élevages des pays en développement sous la pression de la demande des pays industrialisés. Les espèces rustiques seraient ainsi en train de disparaître des élevages des pays du Sud.
L'OCDE publie une étude, commandée par le G8 de Gleeneagles en 2005, sur l'efficacité énergétique dans les pays développés, Energy Use in the New Millennium: Trends in IEA Countries. Selon les auteurs, l'efficacité énergétique n'augmente que très lentement. Depuis 1990, elle n'aurait progressé que de 1 % par an dans les pays membre de l'Agence de l'énergie atomique, soit moins que dans les précédentes décennies et pas assez pour lutter contre le réchauffement climatique.
Les 21 pays membres de l'APEC (Coopération économique des pays dAsie Pacifique) adoptent à Sydney une déclaration commune les engageant à réduire leurs émissions de GES (gaz à effet de serre) « pour soutenir les efforts faits dans le cadre des Nations unies ». Les objectifs fixés sont de réduire l'intensité énergétique de 25 % par rapport au niveau de 2005 dici à 2030, et d'avoir augmenté le couvert forestier de la région d'au moins 20 millions d'hectares en 2020. Si cet accord n'est pas contraignant, c'est la première fois que ce forum régional incluait cette question dans ses discussions.
Les Nations unies réunissent 2 500 délégués représentant plus de 500 ONG à New York sur le thème du changement climatique. Lobjectif est de mobiliser la société civile mondiale pour éduquer les populations sur la transformation du climat, ses causes et ses conséquences, et afin de peser sur les gouvernements et les pousser à l'action.
Une équipe de Penn University publie dans le magazine Science les résultats d'une étude montrant que la disparition des abeilles dans le Sud des États-Unis pourrait être liée à un virus, baptisé Israeli Acute Paralysis Virus. Les sujets touchés souffriraient de désorientation et ne pourraient plus retrouver leur ruche. 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007, ne jouant plus son rôle déterminant de pollinisation des cultures, au point qu'on se mette à parler de « syndrome d'effondrement des colonies ».
Les véhicules trop polluants sont interdits de circulation dans le centre-ville de trois grandes agglomérations allemandes : Berlin, Cologne et Hanovre. Les voitures émettant trop de particules fines - 1,7 million de véhicules, principalement des diesel anciens - seraient concernés. La mesure devrait être étendue courant 2008 à une vingtaine de villes du pays, dont Stuttgart et Munich.
La Californie dépose une plainte officielle contre le gouvernement des Etats-Unis pour avoir empêché l'application de sa loi de réduction des émissions de gaz à effet de serre des automobiles.
La Californie a en effet voté en 2002 une loi imposant aux constructeurs automobiles de réduire de 30 % entre 2009 et 2016 les émissions polluantes des véhicules. Mais l'Agence fédérale de l'Environnement (EPA) a refusé de lui accorder la dérogation nécessaire à la mise en place de ces normes plus restrictives.
Une équipe de l'Université de Stanford (États-Unis) publie une étude sur les effets sanitaires du réchauffement climatique. Pour un degré celsius d'augmentation des températures liée aux émissions de carbone, la pollution atmosphérique serait directement responsable de 20 000 décès par an dans le monde. Les Etats-Unis devraient souffrir à eux seuls de 1 000 morts supplémentaires chaque année. La Californie qui compte 6 des 10 plus grandes villes américaines serait particulièrement touchée : 30 % des décès supplémentaires seraient ainsi californiens.
La Banque mondiale publie son édition 2008 du Rapport sur les perspectives économiques mondiales, indiquant que le dynamisme des économies en développement atténue les effets du ralentissement de l’activité actuellement observé aux États-Unis. La croissance du PIB réel de ces pays devrait en effet se modérer légèrement pour atteindre 7,1 % en 2008, contre à peine 2,2 % dans les pays à revenu élevé. La croissance mondiale accusera un léger repli en 2007 pour s’établir à 3,6 %, contre 3,9 % en 2006. La croissance prévue pour 2008 est estimée à 3,3 %.
Le World Watch Institute publie son rapport annuel sur l'état du monde. Selon l'Institut, le système économique mondial, en ne reconnaissant pas la valeur de la nature, reste le principal responsable de la dégradation de l'environnement. Mais le rapport souligne aussi l'émergence de nouvelles tendances économiques positives. En 2006, plus de 100 milliards de dollars ont été investis dans l'économie verte. Les énergies renouvelables ont attiré 52 milliards de dollars d'investissement (soit 33 % de plus qu'en 2005) et 66 milliards de dollars en 2007. La protection de l'environnement – réduction des déchets, retraitement, réduction des émissions de gaz à effet de serre - entre par ailleurs de plus en plus dans les stratégies entrepreneuriales, les coûts de l'inaction commençant en effet à peser sur les acteurs économiques.
Le Conseil mondial pour l'énergie éolienne (GWEC) publie son rapport annuel donnant les chiffres de la progression de l'éolien dans le monde en 2007. Le marché mondial de l'éolien pèse maintenant 27 milliards d'euros. Avec 20 GW installées en 2007, la capacité mondiale de production d'énergie éolienne s'est accrue de 27 %. Cette progression témoigne d'investissements sans précédents dans de nouveaux pays. Les États-Unis ont ainsi quasiment doublé leur parc éolien (+5.2 GW), représentant un tiers des capacités de production mises en service en 2007. Les 3,5 GW installés en Chine représentent une augmentation de 134 % de la capacité de production éolienne chinoise. L'Europe reste le premier producteur d'énergie éolienne avec plus de 57 GW de capacité de production installée, soit 61 % du total mondial. L'Espagne à elle seule a installé près de 3,4 GW de capacités de production en 2007.
Le ministre français de l'Environnement annonce que les émissions de gaz à effet de serre françaises ont baissé de 2,5 % en 2006 par rapport à 2005. Selon l'inventaire du ministère, les émissions de gaz à effet de serre de la France sont estimées à environ 541 millions de tonnes équivalent CO2 (MteqCO2) pour l'année 2006 et ont diminué de 13,8 MteqCO2 sur un an. Elles seraient donc inférieures d'environ 4 % au plafond fixé par le protocole de Kyoto pour la période 2008-2012
La ministre brésilienne de l'Environnement présente une série de mesures visant à freiner la déforestation en Amazonie en réponse à un rapport indiquant la reprise de l’augmentation du rythme de la déforestation. En 2007, la zone déforestée est passée de 243 km2 en août à 948 en décembre. Parmi les mesures proposées, celle d'envoyer l'armée effectuer des contrôles sur le terrain pour faire respecter les droits d'exploitation souligne la détermination du gouvernement brésilien à maîtriser l'exploitation de la forêt amazonienne.
Le président américain accueille à Hawaï les 16 plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre pour une deuxième conférence de recherche d'un compromis entre les pollueurs historiques (Amérique du Nord, Europe) et les pays émergents (Chine, Inde, Brésil). L'Energy Bill qui a augmenté les normes d'efficacité énergétique des voitures et de certaines installations apparaît dans ce contexte comme une réponse à la menace des européens de boycotter ces discussions si les États-Unis ne faisaient pas de propositions concrètes.
La FAO publie un rapport sur l'état des 164 mangroves littorales du monde à l'occasion du 37e anniversaire de la convention Ramsar sur les zones humides. 3,6 millions d'hectare de mangroves, soit 20 % de la superficie mondiale totale ont disparu en 28 ans. En Asie, près de 1,9 millions d'hectares ont été détruits, loin devant l'Amérique du Nord et l'Amérique centrale avec 690 000 hectares, et enfin l'Afrique avec 510 000 hectares. Ces régions ont pourtant une importance cruciale tant par leur valeur en termes de biodiversité qu’en termes de protection des littoraux contre les cyclones.
Le Secrétariat de la Stratégie internationale pour la réduction des catastrophes (ISDR), un bureau spécialisé des Nations unies, publie un bilan des tempêtes de neige qui ont bloqué pendant des semaines deux régions tropicales de la Chine. Selon ce bureau, cet événement climatique est symptomatique des nouvelles catastrophes climatiques auxquelles la communauté internationale doit apprendre à se préparer. Au delà de la sécurité civile, faire face à ce type d'évènement demande d'adapter les réseaux électriques et de desserte en eau, les moyens de communication, les transports, l'agriculture comme les marchés financiers.
Le réseau Man and Biosphère de l'Unesco accepte deux nouvelles réserves écologiques : russe, et mexicaine. Les 501 réserves membres du réseau associent des habitats naturels spécifiques et des projets de protection des cultures locales et de participation des populations. La réserve Rostovsky au sud-est de la Russie compte ainsi 460 espèces de plantes, 30 espèces de mammifères et 200 d'oiseaux. Les communautés locales y pratiquent un élevage extensif des chevaux de steppe. Les îles Marietas sur la côte ouest du Mexique, outre leurs récifs coralliens, constituent un refuge pour les baleines à bosse. Cet environnement exceptionnel permet d'envisager le développement d'un tourisme vert qui renforcerait les revenus des communautés de pêcheurs de la région.
La cour d'appel fédéral américaine condamne l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) pour n'avoir pas défini des limites strictes d'émission de mercure pour les centrales électriques. L'accusation était portée par 14 États américains, des groupes militants dans l'environnement ou la santé publique, une ville et plusieurs tribus indiennes. L'EPA a maintenant deux ans pour développer et mettre en œuvre des normes d'émissions de mercure pour les centrales existantes.
Le magazine Science publie deux études montrant que l’utilisation des terres agricoles et des forêts pour la production de biocarburants augmente les émissions de carbone. Cette dette en carbone prendra des décennies voire des siècles pour être remboursée. Selon l'équipe de Searchinger à Princeton, il faudrait 167 ans pour rembourser les émissions dues à l'utilisation des terres agricoles américaines pour la production d'éthanol de maïs. En 30 ans, il y aurait deux fois plus d'émissions qu'avec l'utilisation de carburants classiques. Les équipes de Nature Conservancy et de l'Université du Minnesota, ont établi le temps nécessaire à la rentabilité de la conversion de la végétation en unité de production d'agrocarburant au Brésil : 17 à 27 ans pour les cerrados, 320 ans pour l'Amazonie.
Le magazine Science publie une étude de l'Université de Santa-Barbara évaluant à 4 % la surface des océans non touchée par les activités humaines – pêche, pollution, changement climatique. L'étude cartographie ainsi les effets de 17 types d'activités humaines sur les océans, montrant que les seules zones intactes se situent dans les eaux glacées, près des pôles.
Douze multinationales, dont Allianz, Sony, Nokia et Nike, adoptent la déclaration de Tokyo engageant ses signataires à faire tout leur possible pour que le monde réduise ses émissions de GES de 50 % d’ici à 2050.
Le PNUE publie son Rapport annuel 2008, présenté à l'ouverture du Forum Ministériel Mondial sur l'Environnement (Monaco, 21-22 février). L'ouvrage met l'accent sur l'émergence d'une économie verte, basée sur des innovations technologiques et une prise en compte de l'environnement sans précédent. Le développement des investissements responsables se poursuit. Les entreprises ayant développé des stratégies environnementales, sociales et de gouvernance ont dépassé les performances du marché boursier général de 25 %. En 2006, l'ensemble des instruments du protocole de Kyoto représentaient 30 milliards de dollars. Depuis novembre 2007, le Mécanisme de développement propre a généré près d'un milliard de dollars de crédits de réduction d'émission de CO2 certifiés.; Par ailleurs, les paiements des services rendus par les écosystèmes se multiplient.
La compagnie aéronautique Virgin Atlantic réalise son premier vol alimenté par un agrocarburant sur un Boeing 747 reliant Londres à Amsterdam. Le moteur a utilisé un mélange contenant 20 % d'huile de noix de coco et de babassu. Le but est de réduire les émissions de gaz à effet de serre des vols aériens, lesquels représentent 2 % des émissions mondiales. Si on attend encore les résultats du vol de Virgin, les environnementalistes rappellent que les agrocarburants ne représentent pas une alternative moins polluante aux carburants traditionnels et qu’une filière de certification de leur production devrait être mise en place
L'Agence européenne pour l'environnement publie un rapport sur les effets des transports sur l'environnement dans l'Union. Au contraire de secteurs comme l'approvisionnement en énergie, l'industrie, l'agriculture ou la gestion des déchets, les transports ont vu leurs émissions de gaz à effet de serre fortement augmenter, pour représenter 21 % de l'ensemble des émissions des GES dans l'UE à 15 en 2005. Selon ce rapport, les problèmes sont avant tout urbains : les embouteillages en ville comptent pour 80 % des coûts écologiques induits par les transports. Les auteurs recommandent donc une meilleure intégration de la question des transports dans les plans d'occupation des sols et invitent les pouvoirs publics à plus de fermeté envers les fabricants automobiles pour améliorer l'efficacité des véhicules.
L'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA) adopte des normes plus sévères de qualité de l'air pour la première fois depuis dix ans, abaissant le niveau d'émission d'ozone toléré (de 80 à 75 millions de particules par milliard). L'ozone est le premier responsable de formation de smogs urbains qui occasionnent des infections pulmonaires et des crises d'asthme. Cette mesure devrait permettre de préserver 4 000 vies chaque année. Néanmoins, les organisations environnementales regrettent que l'EPA n'ait pas suivi l'avis de son conseil scientifique et n'ait pas fixé la norme d'émission à 70 millions de particules par milliard.
Les dirigeants des vingt-sept s'engagent lors du sommet économique de printemps, à trouver un accord européen sur le réchauffement climatique d'ici à la fin de l'année 2008 et à transposer l'ensemble des textes législatifs européens sur le climat dans les différents États membres en 2009. Parallèlement l'UE veut prendre la tête des négociations internationales qui s'ouvriront en 2009 sur l'après-protocole de Kyoto, lequel expire en 2012.
La Banque asiatique de développement octroie un financement de 1,5 million de dollars au Brunei, à l'Indonésie, la Malaisie et aux Philipines pour des projets conjoints de protection des mers et des forêts humides. Ces projets incluent le Coral Triangle, la zone de plus forte biodiversité marine au monde, et le parc transfrontalier, Heart of Bornéo, l’un des derniers refuges pour l’orang-outan, l'éléphant d'Asie ou le rhinocéros de Sumatra.
La Société financière internationale, une agence de la Banque mondiale, signe ses premiers accords de garantie des échanges de carbone en Afrique et en Asie. Grâce à ces accords, des entreprises des pays du Sud vont pouvoir échanger des droits à émettre du carbone avec les sociétés du Nord. Ils permettront d’apporter de nouvelles sources de financement aux pays en développement, de favoriser les investissements dans le domaine de techniques de production propres et de jeter les bases de marchés carbone dans les pays en développement. Omnia, le premier producteur d'engrais d'Afrique du Sud Sud, a ainsi pu vendre 900 000 crédits carbone ; Rain CII Carbon, en Inde, un des plus gros producteurs de coke au monde, a en a vendu 850 000 crédits carbone.
Le Global Wind Energy Council publie son rapport annuel, prévoyant une augmentation du marché global de l'éolien d'au moins 155 % d’ici 2012, date à laquelle il atteindrait 240 GW de capacité totale installée. La production satisferait alors 3 % de la consommation mondiale d'énergie, contre 1 % en 2007. Cette nouvelle estimation traduit la rapide évolution du secteur et les investissements sans précédents réalisés ces deux dernières années aux États-Unis et en Chine.
Le WWF attaque le système d'échange de crédit d'émission de carbone de l'Union européenne dans un nouveau rapport. Selon l'ONG, les pays de l'UE n'utilisent pas la moitié du quota de permis alloués tellement il est élevé. Plus encore, le bas prix du carbone permet aux centrales thermiques allemandes, qui fonctionnent majoritairement au charbon, d'échapper au prix à payer pour la pollution qu'elles génèrent. Rien qu'au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, en Italie et en Pologne, le système européen permettrait aux producteurs d'électricité d'économiser entre 23 et 71 milliards d'euros pendant les cinq prochaines années.
L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) publie un rapport indiquant une légère baisse des émissions de CO2 en 2006 : 1,1 % de moins qu'en 2005. Cette réduction serait liée à une moindre consommation de combustibles fossiles et d'électricité en raison de la douceur de l'hiver et de la fraîcheur de l'été. L'augmentation du prix des carburants à la pompe ainsi que l'utilisation accrue de gaz naturel et d'énergies renouvelables pour la production d'électricité auraient aussi joué un rôle dans cette baisse. Le 14, une équipe de l'Université de Californie publie une étude montrant que les émissions de carbone de la Chine ont été sous-évaluées et que les États-Unis ne sont plus le premier émetteur depuis 2006.
Le WWF publie un rapport sur la persistance de la pêche illégale au cabillaud et au colin d'Alaska dans l'Arctique, et ce malgré les efforts internationaux. Selon le gouvernement norvégien, les captures illégales de cabillaud s'élèveraient au moins à 100 000 tonnes dans la mer de Barents en 2005, un espace maritime qui fournit 70 % du principal marché mondial : le poisson à chair blanche. Le WWF enjoint donc l'Union européenne, dont la flotte est la plus présente dans cette région, à continuer ses efforts contre les pêches illégales.
La Commission européenne présente au Parlement européen son rapport sur l'ouverture des marchés de l'Union aux pays en développement. Selon l'étude, le marché européen est plus ouvert aux exportations des pays en développement que toute autre grande économie. Les importations de l'UE en provenance des pays en développement ont ainsi augmenté de 14 % entre 2005 et 2006 (de 16 % si on inclut la Chine), alors que les échanges mondiaux de marchandises se sont accrus d'environ 8 % au cours de la même période. La Commission se félicite de cette évolution qui montre l'impact positif des accords de partenariat pour le développement des pays du Sud.
Le PNUE, la Convention pour la diversité biologique et l'UICN publient Sustaining Life, une étude conjointe montrant les risques encourus par la recherche médicale en raison de la perte constante de biodiversité biologique. Les auteurs rappellent que les dernières avancées en matière de traitement de la douleur, de la cécité ou du cancer sont toutes dues à l'utilisation d'organismes vivants marins ou terrestres. Un plaidoyer pour une conservation qui protège l'homme.
Le Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation demande l'imposition d'un moratoire mondial sur les agrocarburants dans un contexte de crise alimentaire. Cette mesure serait nécessaire pour maîtriser l'augmentation des prix de l'alimentation et pour favoriser l'utilisation des terres pour la production vivrière. En 2007, un tiers de la production américaine de maïs a servi à la production de combustibles et l'Europe a pris l'engagement d'arriver à remplacer 10 % de sa consommation de carburants fossiles par des produits d'origine agricoles.
La fondation Pew publie une étude commandée à l'Université John Hopkins sur l'état de l'agriculture américaine – Putting Meat on the Table. Le rapport constate la profonde transformation du système agricole au cours des cinquante dernières années et son efficacité à produire de la viande. Il fait aussi l'inventaire des coûts de cette transition – consommation en eau, besoin en céréales, bien-être animal, risques pour la santé humaine et animale – pour arriver à la conclusion que ce système n'est ni durable, ni compatible avec la mise en place d'une économie décarbonée, principale exigence du XXIe siècle.
Une équipe de chercheurs de l'université de Monash (Australie) publie une étude montrant que les réserves accessibles d'uranium ne seront sans doute pas suffisantes pour répondre aux besoins des installations en activité ou en construction à moyen terme. Atteindre des gisements plus profonds ou de moindre qualité nécessiteraient de consommer plus de pétrole, et par la même augmenterait les émissions de CO2 liées à l'exploitation de l'uranium. Une conséquence négative d’un mode de production d'énergie réputé lutter contre l'effet de serre.
Une réunion des ministres européens n'arrive pas à adopter des critères communs pour encadrer la production des agrocarburants, destinés à couvrir 10 % de la consommation des transports d'ici à 2020. Si l'idée d'une certification est quasiment acceptée, le débat oppose les tenants de filières nationales très encadrées (France, Allemagne, nouveaux États membres) aux partisans d'un approvisionnement reposant sur des importations (Pays-Bas, Royaume-Uni, pays scandinaves). Les premiers veulent restreindre les importations aux pays ayant signé au moins dix conventions internationales, dont le protocole de Kyoto de lutte contre le réchauffement climatique, les textes sur le travail des enfants ou les libertés syndicales. Le niveau de subvention de ces cultures en Europe et la compatibilité de normes strictes avec les principes de l'OMC sont mis en avant par les seconds.
La Banque mondiale publie son rapport annuel sur les marchés du carbone. A l'échelle mondiale, le marché a doublé de valeur depuis 2006 pour atteindre 47 milliards d'euros. Le marché européen a lui aussi connu une évolution positive, atteignant maintenant 37 milliards d'euros. Seuls les investissements canalisés par le Mécanisme de développement propre semblent stagner : en 2007, ils représentaient 551 millions de tonnes équivalent carbone contre 537 en 2006.
Le World Wildlife Fund et Nature Conservancy, deux grandes ONG environnementalistes, lancent la première cartographie mondiale des zones de biodiversité en eau douce, résultat de dix ans de collecte d’informations de plus de 200 scientifiques. Le but est de fournir les connaissances scientifiques nécessaires aux acteurs engagés dans la conservation des zones humides sur le terrain, notamment en désignant les régions de plus riche biodiversité.
La National Oceanic and Atmospheric Administration publie un rapport sur la qualité des eaux côtières américaines. Il rend compte des effets positifs d'une loi adoptée il y a vingt ans pour la protection des eaux – les pesticides, les rejets chimiques industriels visés par le texte ont ainsi quasiment disparu, les principales sources de pollution actuelle étant les métaux lourds et les carburants automobiles et maritimes.
Marina Silva, emblème brésilien de la lutte contre la déforestation de l'Amazonie, démissionne de son poste de Secrétaire d'État à l'Environnement qu'elle occupait depuis 2002. Elle invoque son désaccord avec la politique de développement de la région amazone soutenue par le gouvernement et sa déception face aux pressions rencontrées par ses efforts afin de limiter la déforestation amazonienne.
La Communauté andine publie une étude prospective commandée auprès de l'Université péruvienne du Pacifique, en coopération avec des spécialistes boliviens, colombiens et équatoriens, sur le coût du changement climatique dans la région. Le coût des catastrophes naturelles s'élèvera à au moins 30 milliards de dollars par an (environ 4,5 % du PNB combiné de la zone) à partir de 2025. Un montant relativement optimiste selon les auteurs qui craignent d'avoir sous-estimé l'impact du changement du climat sur l'eau, la biodiversité ou la santé humaine.
La Commission européenne publie le tableau de bord des aides d’État, témoignant d'une utilisation accrue de ces aides pour des projets de protection de l’environnement. Si le nombre d’aides est resté stable, leur montant total a plus que doublé entre 2001 et 2006, passant de 7 à 14 milliards d’euros soit 0,12 % du PIB de l’UE. Les plus actifs sont la Suède, le Danemark et l’Allemagne qui ont consacré respectivement 0,77 %, 0,35 % et 0,32 % de leur PIB à l'environnement entre 2004 et 2006. À l'inverse, la France, le Luxembourg ou la Grèce n'y allouent que 0,01 %.
La Commission inclut dans ces aides les exonérations de taxes environnementales au titre de leur participation au financement à la transition technologique, lesquelles représentent près de 53 % des soutiens recensés. Les critiques soulignent que la majorité de ces exonérations sont accordées aux industries grandes consommatrices d’énergie, parfois très polluantes.
L'OIT lance une initiative visant à développer des emplois verts en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement, l'Organisation internationale des employeurs et la Confédération syndicale internationale. Selon l'OIT, promouvoir des emplois verts, respectueux de l'environnement, stables et durables, s'inscrit dans son objectif plus global de promotion d'emplois décents. L'Initiative veut ainsi accompagner les efforts de tous les acteurs privés et publics pour accélérer la transition vers une économie décarbonée.
Le Sénat américain bloque un projet de loi proposé par le Congrès visant à la création d'un marché de quotas de carbone au niveau fédéral. Le président Bush avait déjà annoncé qu'il imposerait son veto si la loi était adoptée. Le débat climatique est ainsi repoussé à l'après-présidentielles.
L'Agence internationale de l'énergie publie un rapport qui place, pour la première fois, les énergies renouvelables – en particulier l'éolien – au premier rang des mesures qui permettraient de réduire de 50 % les émissions de CO2 d’ici à 2050. Selon l'AIE, l'éolien devrait alors représenter 17 % de la production mondiale d'électricité. Pour atteindre ce résultat, l'agence estime qu'il faudra dégager un milliard de milliards de dollars d'investissements annuels, soit environ 1,1 % du PNB mondial. Ce coût serait plus que compensé par les économies réalisées en réduisant la consommation de charbon, de pétrole et de gaz pendant la même période.
Le gouvernement japonais se fixe comme objectif de réduire de 60 à 80 % ses émissions de CO2 d'ici à 2050, une augmentation substantielle par rapport à l'engagement précédent de baisse de 50 % des émissions par rapport au niveau de 1990. Le gouvernement estime probable de réussir à réduire ses émissions de 14 % d'ici à 2020. Le Japon est actuellement le 5e émetteur au niveau mondial
Des ONG de conservation de la nature, des scientifiques, la Banque mondiale et le Fonds pour l'environnement mondial créent une Alliance mondiale pour protéger les tigres sauvages. On compte aujourd'hui 4000 tigres en liberté dans le monde, contre plus de 100 000 il y a un siècle. Ce déclin est notamment lié à la disparition de leurs proies et de leur habitat, mais aussi au développement d'un florissant marché noir des peaux et des os de tigres. Pour l'Alliance, la priorité est la conservation des habitats naturels des grands félins dont l'aire s'est réduite de 40 % en dix ans.
La Commission européenne clôt plus tôt que prévu la campagne de pêche au thon rouge en Méditerranée, estimant que les quotas annuels sont bientôt atteints. La pêche au thon sera interdite à partir du 16 juin en Grèce, France, Italie, Chypre et Malte, et à partir du 23 juin en Espagne alors que la saison aurait dû se terminer fin juin. Cette mesure s'applique uniquement aux chalutiers de pêche industrielle, qui comptent à eux seuls pour 70 % des captures totales de ce poisson dans les eaux européennes.
L'UICN publie un rapport confirmant les bons résultats atteints grâce aux politiques de conservation des éléphants en Afrique. Sur l'ensemble du continent, les populations de rhinocéros sont en croissance. Seuls les rhinocéros blancs, ne subsistant que dans des zones protégées et en nombre insuffisant pour assurer leur reproduction naturelle, restent très menacés,. Plus encore, une sous-espèce, le rhinocéros blanc du Nord serait peut-être déjà totalement éteinte. Seuls 30 individus subsistent encore dans une réserve du Congo alors qu'on en dénombrait plus de 500 dans les années 1970.
L'Organisation de l'aviation civile internationale met en ligne un calculateur qui permet de connaître l'impact en termes d'émissions de carbone de tout vol aérien, domestique ou international. L'outil répond aux demandes, émises tant par l'industrie aérienne que par les Nations Unies, d'un mode de calcul unique et officiel des émissions.
Un juge de l'état de Géorgie suspend la construction d'une centrale thermique de 1200 mégawatts, en raison du fort taux d'émission possible de la structure utilisant du charbon. La décision s'appuie sur l'avis émis en 2007 par la Cour suprême, faisant du dioxyde de carbone un polluant soumis aux restrictions prévues par le Clean Air Act fédéral. Cette première décision devrait ouvrir un nouveau pan de jurisprudence, selon les environnementalistes.
Une équipe de l'Université de Berkeley (États-Unis) publie une étude indiquant que les zones protégées attirent les populations humaines plutôt que de les éloigner. Étudiant les mouvements de populations autour de 306 zones en Amérique latine et en Afrique, les chercheurs montrent ainsi que les alentours des réserves naturelles sont deux fois plus peuplés que la moyenne des zones rurales des pays correspondants. Les investissements effectués dans ces zones – routes, dispensaires, écoles, emplois... – expliqueraient ce résultat qui va à l'encontre de l'image d'une protection de la nature qui exclurait les hommes.
Le Parlement européen adopte un projet de directive prévoyant l'inclusion de l'industrie aéronautique dans les échanges européens de droits à émettre du carbone. Tous les vols partant ou arrivant sur le territoire des Vingt-sept seraient concernés. Les compagnies aériennes protestent contre le surcoût qui leur serait ainsi imposé. Pourtant, les quotas prévus par la directive devraient couvrir près de 80 % des émissions actuelles des compagnies.
L'UICN publie une étude concluant à la nécessité de classer plus d'un tiers des espèces de coraux du monde (231 sur 704) comme « en voie de disparition ». Sur les mêmes critères, il y a vingt ans, seules 13 espèces entraient dans cette catégorie d'espèces très menacées. L'évolution très rapide des populations de coraux s'explique par la conjonction du réchauffement climatique et de l'acidification des océans. Permettant la vie de près de 30 % des espèces marines, les récifs de coraux comptent parmi les piliers de la biodiversité marine. Une ONG américaine, Coral Reef Alliance, estime leur valeur économique à 375 milliards de dollars.
L'OMC publie son rapport annuel sur le commerce, soulignant la prospérité et la stabilité créées par l'intensification des échanges marchands entre les pays. Si le rapport reconnaît que les bénéfices de la libéralisation du commerce n'ont pas été répartis de manière équitable et équilibrée entre les pays et au sein des pays, il préconise davantage de libéralisation pour démultiplier les effets positifs des échanges
L'OCDE publie un rapport sur l'impact environnemental, économique et climatique des agrocarburants, concluant à leur inefficacité à relever les défis posés dans ces trois domaines. Le rapport invite les pays membres de l'OCDE à geler leurs subventions au secteur et à les réorienter vers le développement d'énergies renouvelables, comme le solaire et l'éolien. Après les critiques de l'ONU, de la Banque mondiale et des ONG, les promoteurs des agrocarburants paraissent bien seuls.
La république démocratique du Congo crée la zone humide protégée de Ngiri-Tumba-Maindombe. Avec plus de 65 000 kilomètres carré, deux fois la taille de la Belgique, et la plus grande réserve d'eau douce d'Afrique, cette zone sera la plus grande zone humide du monde protégée par la convention Ramsar, ravissant le titre au Golfe de la Reine Maude au Canada. La protection de la zone doit permettre d'assurer une gestion durable des ressources forestières de la région, de protéger la biodiversité et d'assurer le maintien de la qualité des eaux.
Une équipe de la Wildlife Conservation Society et de scientifiques congolais révèle l'existence d'un groupe de 125 000 gorilles jamais recensés, au cours du 22e Congrès de la Société internationale de primatologie à Edimbourg. Le groupe s'est perpétué dans une zone difficile d'accès de la forêt, échappant ainsi au braconnage et aux coupes forestières. L'existence de ce groupe, comptant à lui seul plus de membres que tous les individus jusqu'alors recensés, donne un nouvel espoir pour la survie de l'espèce (classée comme très menacée).
L'Agence fédérale pour l'environnement (EPA) refuse le recours présenté en avril par le Texas, plaidant pour une révision à la baisse des objectifs de production d'agrocarburants à l'échelle du pays. Le gouverneur texan avait demandé une division de moitié de la production requise d'éthanol de maïs, au titre de la concurrence faite aux productions alimentaires et arguant que le prix de la céréale avait déjà augmenté de 138 % en trois ans. Mais l'EPA lui oppose que produire des huiles végétales à mélanger aux carburants fossiles reste le meilleur moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'améliorer l'indépendance énergétique des États-Unis. Elle maintient donc les objectifs de production ambitieux définis en décembre 2007 : 34 milliards de litres pour 2008, et 42 milliards de litre en 2009.
Une équipe de chercheurs américains et britanniques publient dans le magazine Science une étude montrant que les modèles climatiques actuels sous-estiment l'évolution de la pluviométrie tropicale sous l'effet des changements climatiques. Du fait du réchauffement, les précipitations tropicales devraient devenir à la fois plus importantes en volume et plus fréquentes que ce qui est généralement annoncé. La température élevée de l'air permet en effet à l'atmosphère de retenir davantage de vapeur qu'auparavant.
L'UICN publie une mise à jour de la liste des espèces de cétacés menacées, confirmant l'amélioration de la situation des baleines à bosse et d'autres espèces de grandes baleines. Pour les chercheurs de l'UICN, cette reconstitution des populations est le résultat direct du moratoire interdisant leur pêche commerciale.
Une équipe internationale de chercheurs publie une étude sur les « zones mortes » dans le magazine Science. Connues depuis le début du XXe siècle, ces zones marines se distinguent par leur manque d'oxygène qui empêche toute vie animale ou végétale. Selon l'étude, on dénombrait 4 zones mortes en 1910, contre 405 (couvrant plus de 150 000 km2) aujourd'hui. Certaines, comme celle présente dans le Golfe du Mexique, se déplacent et constituent une menace pour la reproduction des ressources halieutiques.
Le cabinet Ernst & Young publie la cinquième édition du Ernst & Young Renewable energy country attractiveness indices, qui évalue les investissements globaux dans les énergies renouvelables. Pour la première fois, la Chine figure parmi les cinq pays les plus attractifs pour les investisseurs dans ce domaine, se classant 4e après les États-Unis, l'Allemagne et l'Inde, et devant l'Espagne et le Royaume-Uni. La France arrive 9e. Les cinq premiers ont pour point commun le fort engagement des acteurs publics pour rendre ce secteur attractif. Le rapport cite ainsi les efforts considérables des lobbyistes, des sénateurs et des états américains en faveur des énergies renouvelables ou encore le 11e plan chinois, adopté en 2005.
En savoir + : le rapport (version PDF)
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) célèbre le 20e anniversaire de sa création. Créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le PNUE, le GIEC s'est imposé comme le lieu de production d'une solide expertise internationale, utilisable par les politiques. En décembre 2007, il a reçu le prix Nobel de la paix, conjointement avec Al Gore, en hommage pour son travail et ses quatre rapports (1990, 1995, 2001, 2007).
L'ONG WWF lance un plan de marquage du thon rouge au large des Baléares. Le projet d’une durée de trois ans, mené en collaboration avec des équipes de chercheurs et les gestionnaires des pêcheries européennes, doit permettre de mieux connaître le comportement migratoire de cette espèce menacée et de mettre en place un plan de sauvegarde. En attendant, l'ONG appelle à un moratoire sur les prises de thon rouge, estimées à 60 000 tonnes par an, soit le double des quotas alloués.
Le PNUE publie Reforming Energy Subsidies: Opportunities to Contribute to the Climate Change Agenda, un rapport préconisant de supprimer les subventions aux énergies fossiles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 6 %, tout en contribuant à une augmentation de 0,1 % du PIB mondial. Selon cette étude, 300 milliards de dollars, soit 0,7 % du PIB mondial, sont alloués dans le monde aux subventions énergétiques annuellement. La Russie, avec presque 40 milliards de dollars par an, principalement investis dans la réduction du prix du gaz naturel, arrive en tête. Derrière, viennent l’Iran (37 milliards de dollars), puis la Chine, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Indonésie, l’Ukraine et l’Égypte – tous au-delà des 10 milliards de dollars.
La FAO annonce l'adoption de nouvelles règles internationales de pêche en haute mer, visant à limiter les dégâts sur les espèces et les habitats d'eau profonde. Ces règles, négociées pendant près de deux ans, constituent le premier instrument international encadrant les pratiques de pêche en dehors des zones économiques exclusives. Outre des mesures techniques de pêche et de conservation, elles recommandent aux pays pêcheurs d'entreprendre une évaluation de l'impact des campagnes de pêche menées par leurs flottes et, en cas d'impact négatif, de stopper ces activités.
Le Parlement européen adopte des normes d'homologation des véhicules à hydrogène, arbitrant ainsi entre les différentes approches développées par les constructeurs automobiles. Axées sur la sécurité – identifier le mode d'alimentation pour les pompiers, rendre impossible un ravitaillement par un autre combustible ou protéger les moteurs contre la surpressurisation - ce règlement veut «conforter la confiance des utilisateurs potentiels et du public en général dans la nouvelle technologie ». Le texte fera partie d'un ensemble législatif sur la production, le stockage et la distribution d'hydrogène devant être applicable dans les pays membres dans deux ans.
Le Groupe international d’experts en biotechnologies, innovation et propriété intellectuelle présente son rapport sur le régime actuel de propriété intellectuelle et son impact sur les pays en développement (PED). Après sept années de travaux, les experts réunis par Richard Gold de l'Université McGill concluent que le régime actuel de brevet ne peut pas assurer le développement, la production et la distribution de médicaments, d’aliments ou de processus industriels (comme la production de sources d’énergie propres) dans les PED. Ils préconisent en conséquence un changement de régime fondé sur des droits raisonnables, réinvestis dans la recherche et l'innovation.
En savoir + : le résumé exécutif (format PDF)
Greenpeace publie un rapport commandé des experts indépendants sur le fonctionnement de la Commission internationale de conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT), dont le mandat est de maintenir les stocks d'une trentaine d'espèces - des thons, mais aussi quelques requins, oiseaux marins et tortues - à des niveaux compatibles avec une exploitation durable. Le rapport critique particulièrement la gestion du thon rouge, estimant que près de 60 000 tonnes ont été pêchées en Atlantique et en Méditerranée, bien au-delà du quota fixé à 28 500 tonnes.
Le gouvernement indien se fixe pour objectif de pouvoir ajouter près de 20 % d'agrocarburants dans les combustibles d'ici dix ans. La politique de soutien présentée précise que le développement de la production d'agrocarburants doit privilégier l'utilisation de végétaux non comestibles, comme le jatropha, pour ne pas entrer en concurrence avec l'alimentation humaine. Le gouvernement estime que 13,4 millions d'hectares, actuellement en friche, seraient utilisables pour la production de jatropha, avec un rendement annuel attendu de 15 millions de tonnes d'huile.
Un sondage commandé par le Parlement européen indique que le changement climatique est considéré comme le deuxième problème le plus important par les citoyens de 30 pays européens (les Vingt-Sept, la Turquie, la Croatie et la Macédoine) après la pauvreté. 61 % des personnes interrogées déclarent avoir modifié leur comportement pour réduire leurs émissions de CO2 : utiliser des transports moins polluants (28 %) ou acheter des produits locaux et de saison (27 %). Les Suédois (87 %) semblent les plus concernés, à l'inverse des Lituaniens et Lettons qui, à 60 %, déclarent ne pas avoir changé leurs habitudes. Le même jour, les parlementaires de la Commission Industrie, Recherche et Énergie se prononcent sur le paquet Climat énergie élaboré par la Commission. Pour les associations écologistes comme le WWF, les solutions retenues sont en deçà des enjeux.
Les représentants de 21 villes du monde signent sous l'égide de l'International Council for Local Environmental Initiatives (ICLEI) une déclaration les engageant à protéger et développer la diversité biologique dans leurs villes. Chacune des villes signataires devra identifier cinq initiatives vitales de conservation des plantes, des animaux et des ressources naturelles et les avoir mises en œuvre d'ici dix-huit mois. Il peut tout autant s'agir de réintroduire de la biodiversité – comme en Europe où celle-ci a quasiment disparu – ou de protéger une importante richesse naturelle – comme en Afrique australe. Selon l'ICLEI, les villes occupent 2 % de la surface de la planète mais absorbent 75 % des ressources naturelles mondiales.
L'ONG canadienne Global Footprint Network, réunissant les créateurs de l'empreinte écologique, célèbre, trois mois en avance, le « Jour du dépassement » : le jour où l'humanité a consommé l'intégralité des ressources naturelles produites en une année par la planète. Du 24 septembre au 31 décembre, l'humanité vit, en quelque sorte, à crédit sur les générations futures.
L'Organisation internationale du travail, le PNUE, la Confédération syndicale internationale et l’Organisation internationale des employeurs publient le rapport Green jobs: towards decent work in a sustainable, low carbon world évaluant les possibilités mondiales de développement d'emplois verts. La lutte contre le changement climatique devrait susciter la création de millions d'emplois : 600 000 personnes travaillent déjà à la fabrication et l'installation de panneaux solaires en Chine ; la production d'agrocarburants issus du manioc ou de la canne à sucre pourrait employer 200 000 personnes au Nigeria ; la gazéification de la biomasse pourrait générer 900 000 emplois en Inde et, en Europe et aux États-Unis, le secteur du bâtiment pourrait créer de 2 à 3,5 millions d'emplois verts.
En savoir + : le rapport complet (format PDF)
L'ONU élargit le champ couvert par le septième objectif du Millénaire pour le développement (« assurer la durabilité de l'environnement ») à la diversité biologique, se fixant ainsi pour but « d'avoir abaissé de manière significative le taux de perte en biodiversité d'ici 2010 ». Les progrès en la matière seront mesurés à partir du recensement des populations animales et végétales effectué par l'UICN depuis 1963 dans sa Liste rouge des espèces menacées. La réunion de haut niveau sur les OMD a suscité par ailleurs de nouveaux engagements des bailleurs de fonds et des fonds philanthropiques à hauteur de 16 milliards de dollars, dont 3 milliards en faveur d'un nouveau plan mondial de lutte contre le paludisme.
En savoir + : la page de la réunion sur le site de l'ONU
Neuf pays industrialisés – Allemagne, Australie, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon, Pays-Bas, Suède, Suisse – s'engagent auprès de la Banque mondiale à financer les Climate Investment Funds (CIF) à hauteur de 6,1 milliards de dollars. Le CIF regroupe deux instruments financiers lancés par la Banque le 1er juillet 2008 pour soutenir les efforts des pays en développement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation au changement climatique.
La Californie adopte une législation obligeant les industries chimiques à réduire et utiliser l'emploi de produits polluants dangereux pour le consommateur ou l'environnement à partir de 2011. C'est la première législation de ce type aux États-Unis. Pour le gouverneur Schwarzenegger, elle devrait également inciter l'industrie à développer des solutions technologiques innovantes favorables à la croissance économique du secteur.
Six groupes environnementalistes canadiens poursuivent en justice le Ministère fédéral de la pêche et des océans canadien, l'accusant d'avoir manqué à son devoir de protection de l'habitat de deux populations d'épaulards résidant dans les eaux côtières de Colombie britannique. La plainte, la première de ce type au Canada, repose sur l’octroi par le gouvernement fédéral du statut d'espèce menacée aux épaulards, le 10 septembre, sans prendre de mesure pour protéger leur habitat menacé par la diminution des stocks de saumons, l'essor du trafic maritime, la pollution, les tests sismiques et les sonars militaires.
Le PNUE, le PNUD, la Banque mondiale et l'ONG World Resarch Institute publient World Resources Report 2008: Roots of Resilience, qui appelle au développement d'entreprises valorisant la nature. Selon l'étude, cette orientation permettrait à la fois d'augmenter les revenus des populations rurales pauvres et d'améliorer leur résistance aux aléas économiques, sociaux et environnementaux. Les trois quarts des personnes vivant avec moins de deux dollars par jour dépendent directement des ressources naturelles pour leur survie. Développer une gestion efficace économiquement et écologiquement de ces ressources passe, selon l'étude, par trois étapes : affirmer la souveraineté des populations locales sur leurs ressources, renforcer les compétences de gestion des communautés locales et donner accès aux marchés en créant des réseaux d'entreprises.
La FAO et la Banque mondiale publient Les milliards engloutis, un rapport conjoint estimant les pertes annuelles des pêches maritimes à plus 50 milliards de dollars en raison de leur mauvaise gestion et des pratiques de surpêche. Cette situation est le résultat de trois décennies de laissez-faire, induisant un cercle vicieux : la baisse des stocks de poisson augmente les coûts de prise et génère une surcapacité de pêche qui, elle-même, réduit encore la profitabilité du secteur. L'étude suggère en conséquence une réforme des politiques de pêche incluant des mesures afin de renforcer les droits de pêche pour rendre les pêcheurs responsables de la gestion des stocks, réorienter les subventions pour décourager la surexploitation des stocks, rendre plus transparente l'allocation des ressources en poisson afin de favoriser le développement d'un label de pêche durable.
Voir aussi : le rapport sur le site de la Banque mondiale
L'Agence européenne de l’environnement publie son rapport annuel sur les émissions européennes de gaz à effet de serre, concluant que l'UE serait effectivement en mesure de tenir son engagement collectif de réduction de 8 % de ses émissions d'ici 2012 par rapport à 1990. Le résultat serait même atteint dès 2010. Le rapport souligne néanmoins des différences de performances selon les pays membres. Le retard de certains pays, comme le Danemark, l'Espagne ou l'Italie, rend difficile d'atteindre l'objectif fixé par les dirigeants européens en 2007 : 20 % de réduction des émissions d'ici 2020 par rapport à 1990.
La Commission européenne présente son « paquet forêt », un ensemble de textes visant à lutter, d'une part, contre le commerce illégal de bois et, d'autre part, contre la déforestation et ses impacts sur le climat et la diversité biologique. Environ 19 % du bois importé dans l'Union provient de coupes illégales. Le règlement proposé doit notamment amener les entreprises européennes à s'assurer de la provenance des bois et des produits dérivés qu'elles commercialisent. Néanmoins, pour les ONG, en n'obligeant pas à donner la localisation de la parcelle exploitée dans le pays d'origine, ce règlement ne permet pas de lutter efficacement contre le problème. La Commission propose, par ailleurs, la création d'un mécanisme mondial pour le carbone forestier (Global Forest Carbon Mechanism, GFCM) qui permettrait de récompenser les pays en développement qui prendraient des mesures de protection des forêts. Cette proposition sera présentée à Poznan en décembre 2008, lors de la Conférence des parties à la Convention de lutte contre les changements climatiques.
L'OCDE publie une étude rappelant le coût de l'inaction des gouvernements en faveur de l'environnement. Le changement climatiques attendu pourrait coûter l'équivalent d'une perte de 14,4 % de consommation par habitant dans les pays développés. La pollution atmosphérique en Europe pourrait coûter 1 % du PIB en 2020. Les catastrophes naturelles dans les pays du Sud pourraient engloutir près de 13 % du PIB annuel des pays les plus pauvres. La mauvaise gestion des pêches fait perdre près de 3 milliards de dollars par an... Décliné par problème et type de pays, elle constitue un vibrant appel à l'action.
Le projet international de recensement des fonds marins, Census of Marine Life, publie l'état de ses travaux. Depuis huit ans, 2 000 chercheurs de 82 pays unissent leurs efforts pour mieux connaître la vie sous-marine terrestre. Les scientifiques ont recensé environ 120 000 espèces à ce jour. D'ici à la fin du projet, ils prévoient en dénombrer près de 250 000 dont des milliers de nouvelles espèces. Ces résultats intérimaires sont publiés à la veille de la conférence mondiale sur la biodiversité marine de Valence (Espagne).
L'Agence internationale de l'énergie publie son rapport annuel, World Energy Outlook 2008, plaçant pour la première fois l'éolien au cœur de son scénario de production énergétique pour 2020. Selon l'étude, seule cette énergie a le potentiel de répondre aux besoins mondiaux croissants sans élever les émissions globales de gaz à effet de serre. L'Agence estime que son développement pourrait permettre d'économiser un total de 10 000 millions de tonnes de CO2 d'ici 2020. À cette date, l’éolien pourrait représenter 12 % de la production électrique dans le monde.
L' Institute for Economic and Environmental Studies publie une étude sur le manque à gagner dû à la pollution atmosphérique en Californie. Pour la région de Los Angeles, la plus peuplée, les pertes induites atteignent 1 250 dollars par personne et par an. Pour la vallée de San Joaquin, cœur agricole de l'État, le manque à gagner est encore plus important : 1 600 dollars par personne et par an. Ces pertes représentent avant tout les jours de travail perdus en raison de maladies liées à la mauvaise qualité de l'air. Selon les auteurs de cette étude, les émissions de combustibles fossiles sont les principaux responsables de cette pollution.
L'Organisation météorologique mondiale publie son Bulletin sur les gaz à effet de serre, donnant une évaluation annuelle des émissions mondiales. La concentration du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère s'est accrue en 2007 de 0,5 % par rapport à 2006, celle de l'oxyde nitreux ou protoxyde d'azote (N2O) de 0,25 %, et celle du méthane (CH4) de 0,34 %. L'indice annuel d'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a ainsi progressé de 24,4 % depuis 1990, témoignant de l’accroissement continu des émissions à l’origine du réchauffement de la terre.
PricewaterhouseCoopers et Enerpresse publient Facteur Carbone 2008, leur 7e rapport annuel sur les émissions de gaz à effet de serre des producteurs d'électricité européens. En 2007, les émissions cumulées des 22 principaux électriciens européens s'élèvent à 800 millions de tonnes(Mt) de CO2, soit une augmentation de 23 Mt par rapport à 2006 et 46 Mt par rapport à 2001. Si l'augmentation de la production européenne globale d'électricité (+ 1,5 % en 2007) explique en partie ces résultats, l'étude souligne la dégradation du facteur carbone du secteur (+ 1,4 %), un résultat essentiellement lié à la croissance de la part des centrales à gaz et à charbon dans cette production. Ce rapport paraît quelques jours après celui de l'Agence européenne pour l'environnement, indiquant que 80 % des émissions européennes de gaz à effet de serre proviennent aujourd'hui encore du secteur de l'énergie.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) lance une campagne sur les conséquences humanitaires du changement climatique. Depuis 20 ans, le nombre de catastrophes naturelles liées au climat est passé de 200 à plus de 400 chaque année. Les plus fréquentes sont les inondations (50 en 1985, plus de 200 en 2005), et les dégâts causés de plus en plus importants. Pour la période 1988-2007, plus de 75 % des catastrophes recensés étaient dûs au climat. Un bilan qui, selon l'OCHA, exige une préparation nouvelle des autorités pour faire face à ce type d'évènements. Le 17, l'OCHA et la Banque mondiale lancent ainsi un modèle de banque de données qui doit aider les gouvernements à collecter, stocker et traiter les informations nécessaires pour intervenir lors de catastrophes naturelles.
Le World Ressource Institute publie une étude prospective concluant que seules les entreprises « vertes » seront capables de conserver leurs positions dominantes dans le futur. Les compagnies ne développant pas des stratégies de production, d'approvisionnement et de distribution respectueuses de l'environnement courrent ainsi le risque de voir leurs revenus divisés par deux en 2018, en raison du renchérissement des matières premières ou du coût croissant des émissions de carbone.
L'ONG Germanwatch publie le Global Climate Risk Index 2009, concluant que les les pays les plus pauvres souffrent en moyenne déjà plus que les pays riches des changements climatiques. Le Bangladesh, la Corée du Nord et le Nicaragua ont ainsi été les pays les plus touchés en 2007 à la fois en termes de nombre d'évènements climatiques extrêmes, que de morts ou de pertes financières liées à ces évènements. L'étude montre en outre la fréquence des catastrophes et leur coût croissant depuis 1998 en Afrique centrale et dans les Caraïbes.
Le PNUD publie un atlas désignant les espaces à protéger pour réduire les émissions de carbone et protéger la diversité biologique de la nature. Les forêts, les tourbières, les sols et les océans constituent autant de lieux naturels de capture et de stockage du CO2 présent dans l'atmosphère. On estime qu'ils contiennent aujourd'hui 2 000 milliards de tonnes de carbone. Conserver ces espaces et leur biodiversité participe donc de pleinement à la lutte contre le réchauffement climatique.
Le cabinet d'audit Ernst & Young publie une analyse des besoins en quotas des six plus gros émetteurs européen de CO² pour la période 2008-2012 (Allemagne, Royaume-Uni, Pologne, Italie, Espagne et France, soit 70 % des émissions de CO² en Europe). Les allocations accordées par l'UE pour cette période sont 15 % moins importantes que pour la période précédente et ce déficit s’aggravera en 2012 avec l’arrivée du transport aérien dans ce système. L’inclusion de ce secteur devrait engendrer un déficit de 50 millions de tonnes de CO² pour les autres secteurs d’activité. Selon l'étude, pour combler ce manque, les industriels devront acquérir des crédits Kyoto générés principalement en Chine, en Inde, et au Brésil pour un total estimé entre 20 et 30 milliards d'euros. L'Allemagne, à elle seule, devrait débourser 13 milliards d'euros.
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L'American Wind Energy Association publie son rapport annuel. En 2008 pour la troisième année consécutive, le secteur aura connu une croissance record et engrangé des revenus importants : 18 milliards de dollars. Les investissements faits expliquent que pour la première fois les États-Unis passent devant l'Allemagne en termes de puissance de production. Avec une capacité de 21 000 mégawatts, ils devraient en 2009 produire 60 milliards de kilowatts heure d'électricité et couvrir ainsi les besoins de 5,5 millions de foyers.
La FAO publie l'édition 2008 de la Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, centrée sur l'impact des changements climatiques sur un secteur dont dépendent directement plus de 500 millions de personnes dans le monde. Le réchauffement en cours repousse les espèces vers les pôles, affectant tant leur habitat que leur productivité et limitant les possibilités de pêche dans les pays en développement. Ces constats amènent la FAO à rappeler l'importance d'une approche durable et responsable des pêches et de la gestion des stocks de poissons.
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L'Organisation maritime internationale (OMI), le PNUD, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et quatre importantes sociétés de navigation privées créent la Global Industry Alliance, dédiée à la lutte contre les invasions marines liées aux réservoirs de ballast des navires. Les bateaux emplissent leurs réservoirs d'eau lorsqu'ils circulent à vide pour augmenter leur stabilité. Une fois chargés, ils la rejettent dans l'océan, relâchant ainsi des espèces animales et végétales qui parfois se développent aux dépens des espèces autochtones. Selon l'OMI, 10 milliards de tonnes d'eau de ballast sont transportées autour de la planète chaque année et 3 000 espèces de plantes et d'animaux sont introduites quotidiennement dans des écosystèmes fragiles. Le coût de la lutte contre les espèces exotiques envahissantes au niveau mondial s'élève à plusieurs milliards de dollars chaque année. Cette alliance veut donc favoriser le développement de technologies de traitement de l'eau de ballast et de nouvelles conceptions navales, telles que les réservoirs à ballast « à écoulement » et les « navires sans ballast ».
Le président des Maldives présente un plan visant à rendre l'économie de son pays neutre en carbone – les émissions étant équivalentes aux efforts de captage – d'ici dix ans. La production d électricité de l'archipel devrait entièrement reposer à cette date sur les énergies éolienne et solaire. Le coût de cette transition est évalué à 110 millions de dollars par an. Les Maldives, situées pour la majeure partie à moins de deux mètres au-dessus du niveau de la mer, sont extrêmement menacées par la montée des océans et entendent montrer l'exemple.
Le PNUE publie une évaluation du coût du passage à une économie verte dirigée par Pavan Sukhdev, estimant les investissements nécessaires à 750 milliards de dollars, soit 1 % de la richesse mondiale. Cinq secteurs devraient tirer cette croissance verte respectueuse du climat : la création de bâtiments efficaces en énergie, les énergies renouvelables, le transport durable, la gestion écologique de l'eau douce et l'agriculture durable. La transformation de ces secteurs devrait permettre à la fois de créer des emplois (110 millions de postes dans le bâtiment) et de réduire l'impact des activités humaines sur l'environnement en général et le climat en particulier.
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Le Congrès américain adopte une législation sur les énergies propres basée sur un marché de quotas d'émission et visant les producteurs d'électricité, les compagnies pétrolières et les usines – soit 85 % des émissions américaines. La loi poursuit quatre grands objectifs : promouvoir le développement d'énergies propres, de technologies de capture et de stockage du carbone, de véhicules électriques et de lignes électriques économes en énergie ; améliorer l'efficacité énergétique dans tous les secteurs, des bâtiments aux transports en passant par l'industrie ; limiter les émissions de polluants retenant la chaleur dans l'atmosphère et protéger les consommateurs et les emplois américains pendant cette période de transition. Les quotas d'émission alloués par l'administration seront revus à la baisse chaque année, le but ultime étant d'avoir en 2050 un niveau d'émission de 83 % moins élevé qu'en 2005.
Une mission indo-germanique appareille d'Afrique du Sud pour tester à grande échelle dans l'océan Atlantique austral un procédé de lutte contre l’effet de serre fondé sur la fertilisation des océans par dispersion artificielle de fer. Le Polarstern doit disperser 6 tonnes de fer sur une surface de 300 km² et vérifier ainsi l’hypothèse évoquant la possibilité de séquestrer le gaz carbonique dans les mers en stimulant la prolifération de plancton en surface. Des ONG tentent de s'y opposer en invoquant le moratoire contre la fertilisation artificielle des océans adopté en mai 2008 à Bonn. Mais, le 26 janvier, le gouvernement allemand confirme que le Polarstern ira jusqu'au bout de sa mission qui doit l'amener à Punta Arenas, au sud du Chili en mars 2009.
Les analystes du New Energy Finance publient leur rapport annuel, Global Futures 2009, signalant un ralentissement déjà perceptible des investissements dans le secteur des énergies propres au niveau mondial. Ils exhortent les responsables politiques à continuer de financer la transition vers une production électrique sobre en carbone afin de pouvoir atteindre les objectifs fixés pour 2020 au niveau international. Même si la crise financière devrait susciter un ralentissement de la production industrielle, et par la même une réduction des émissions de gaz à effet de serre, le manque d'investissement actuel risque de peser à long terme sur leur niveau. Pour inverser la tendance actuelle, les investissements mondiaux annuels devront atteindre 270 milliards en 2015 et 350 milliards en 2020.
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La FAO publie une étude estimant que dix millions de nouveaux « emplois verts » pourraient être créés en investissant dans la gestion durable des forêts : de l'exploitation traditionnelle à l'agroforesterie, de la foresterie paysanne à la lutte contre les incendies, de la maintenance des pistes à celle des sites de loisirs, ou encore de l'expansion des espaces verts urbains à la remise en état des forêts dégradés ou à la plantation de nouveaux espaces. Toutes ces activités pourraient être menées avec des variantes sur tous les continents. Déjà, souligne la FAO, des pays aussi différents que les États-Unis et la République de Corée ont inclus la foresterie dans leurs plans de relance économique. Le reboisement constitue également un volet important du programme de garantie de l'emploi rural en Inde.
Une équipe américaine de l'Université de Washington publie dans la revue Science une étude sur l'impact du changement climatique sur l'agriculture, concluant à la fragilité des cultures de base. Selon l'étude, la hausse des températures moyenne, telle que prévue par le GIEC, risque de faire baisser la production de 20 à 30 % dans les régions tropicales et subtropicales d'ici 2100. Au delà des épisodes de sécheresse, des milliards de personnes seraient ainsi régulièrement plongés dans l'insécurité alimentaire. L'étude conclut en conséquence à la nécessité d'investir dans la recherche agronomique afin de développer des espèces supportant la chaleur et le stress hydrique associé.
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Une équipe du Australian Institute of Marine Science publie une étude d'impact du changement climatique sur la grande barrière de corail. La combinaison de l'augmentation de la température des eaux de surface et de l'acidification des océans ralentissent considérablement la croissance des coraux – les gigantesques porites formant la Barrière grandiraient ainsi 14 % plus lentement aujourd'hui qu'en 1990. Ce constat amène l'étude à recommander de protéger la Barrière de tout stress pour lui permettre de survivre au changement climatique.
Un cabinet de consultants néerlandais, CE Delft, publie un rapport estimant que les émissions de carbone liées au transport de biens par la route devraient augmenter de 55 % dans les vingt ans à venir. D'ores et déjà, les émissions des poids lourds comptent pour 23 % des émissions des transports routiers. Le rapport appelle donc à la mise en œuvre de mesures pour décourager le recours à la route pour le transport de biens et de marchandises et pour développer l'efficacité énergétique des véhicules si l'Union veut tenir ses engagements globaux de réduction d'émission de CO2.
Le Service d'information sur les sols africains est inauguré à Nairobi (Kenya). Financé par la Fondation Bill et Melinda Gates et l'Alliance pour une Révolution verte en Afrique, il doit établir une carte numérique de 42 pays africains révélant les types de sols et les éléments nutritifs de leurs composants. Les sols africains sont en effet parmi les plus épuisés de la planète et les cartes existantes sont anciennes et de mauvaise qualité. Le produit final sera numérique et librement accessible sur Internet sous un format facile à utiliser. La carte de l'Afrique sera la première étape d'une initiative, le GlobalSoilMap.net, dont l'objectif est de cartographier tous les sols du globe.
L'ONG WWF France publie un rapport proposant des alternatives aux 4,5 millions de tonnes de soja importées chaque année dans le monde, 84 % de ce total étant absorbé par la production de viande. Ces importations contribuent fortement à la déforestation des zones tropicales, en particulier en Amazonie brésilienne. L'organisation préconise en conséquence de remplacer la moitié des importations de soja par des protéines végétales produites en France, telles que les légumineuses (plantes riches en protéines comme le pois ou la luzerne). Le WWF recommande aussi de consommer moins souvent de la viande (2 à 3 fois par semaine) au profit des protéines végétales (lentilles, pois...), des œufs, des laitages ou des poissons certifiés MSC (Marine Stewardship Council).
Le Japon lance le premier satellite dédié à la surveillance des émissions de gaz à effet de serre. Baptisé Ibuki (« respiration »), le satellite va relever les niveaux d'émission de dioxyde de carbone et de méthane sur 56 000 points de la Terre. Ces mesures devraient permettre de comparer les efforts réellement effectués par les pays industrialisés depuis l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto en 1997. Il devrait aussi apporter des informations sur les capacités d'absorption de ces gaz selon les continents et les milieux naturels.
150 chercheurs de 26 pays adoptent la déclaration de Monaco appelant la communauté internationale à réduire de manière drastique ses émissions de CO2 afin de lutter contre l'acidification préoccupante des océans. Ils rappellent la fonction de régulation des océans qui absorbent environ un quart du CO2 émis dans l’atmosphère par les activités humaines. Mais la dissolution du CO2 dans l’eau produit de l’acide carbonique, qui augmente l’acidification des océans. Les récifs coralliens notamment sont très sensibles à ce phénomène.
L'UICN et le WWF créent un réseau international de spécialistes en gestion des ressources naturelles : l'Ecosystems and Livelihoods Adaptation Network (ELAN). Ce réseau vise à fournir une expertise de haut niveau dans la protection des écosystèmes menacés par le changement climatique aux pays qui n'en disposent pas. L'initiative est soutenue financièrement par la fondation MacArthur à hauteur de 2 millions de dollars.
Le WorldFish Center (Malaisie) publie une étude commanditée par les Nations unies sur l'impact du changement climatique sur les pêcheries et l'approvisionnement des consommateurs de 132 pays. Ce travail conclut à « l'extrême fragilité » de près de 33 pays, contribuant à hauteur de 20 % des exportations mondiales de poissons. 22 d'entre eux comptent parmi les pays les moins avancés et leurs populations dépendent pour près de 30 % des pêches pour leur apport en protéines. Les deux tiers d'entre eux sont situés en Afrique tropicale. Ce constat appelle, selon les auteurs, à réaliser des efforts importants d'adaptation dans ces pays et des investissements suffisants dans les pêcheries pour assurer leur survie, l'approvisionnement des consommateurs et lutter contre la pauvreté.
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PricewaterhouseCoopers publie Renewable Deals, première édition d’une étude annuelle sur les transactions dans le secteur des énergies renouvelables dans le monde. Selon l'étude, les énergies renouvelables représentent depuis deux ans près d'un dixième des transactions dans le secteur énergétique. Deux tiers de ces opérations ont lieu en Europe, le Portugal, l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Allemagne étant les pays les plus dynamiques dans ce domaine. L’éolien reste à la première place (57 % des transactions) suivi par l’énergie solaire qui dépasse pour la première année l’hydroélectrique.
Le comité français de l'UICN et le Muséum d'Histoire naturelle publient une nouvelle version de la Liste rouge des espèces menacées pour la France, rappelant qu'une espèce de mammifère sur dix est menacée de disparition en métropole. Parmi elles, deux espèces sont en « danger critique d'extinction » (l'ours brun et la chauve-souris), trois restent « en danger » (le Grand hamster, le vison d'Europe et le lynx boréal) et six sont « vulnérables » (le loup gris, le mouflon, le cachalot et trois espèces de chauves-souris). Le rapport souligne néanmoins les résultats positifs obtenus grâce aux efforts de conservation menés pour le vison d'Europe, le Grand hamster d'Alsace, la loutre d'Europe ou le bouquetin des Alpes.
Le PNUE et l'Organisation du traité de coopération amazonienne (ACTO 2) publient une étude sur l'impact du développement économique de l'Amazonie sur l'écosystème. Selon le rapport, la déforestation cumulée entre les huit pays de la zone en 2005 dépassait déjà 857 000 km2, soit l'équivalent des deux tiers du Pérou ou de 94 % du Venezuela. Le développement des activités économiques dans cette région, tiré par la demande internationale en bois, en viande ou en biocarburants, entraîne une utilisation intensive de ses ressources naturelles. Selon le rapport, si la déforestation dépasse 30 % du couvert végétal, les niveaux de précipitation vont commencer à diminuer dans la région, amorçant ainsi un cercle vicieux provoquant feux de forêts et augmentation des émissions de fumées dans l'atmosphère. Il enjoint donc les gouvernements de la région d'adopter une vision intégrée de l'Amazonie, de son développement et de sa protection.
Le PNUE et l'IISD publient une étude montrant que près de 40 % des conflits actuels dans le monde sont liés au contrôle des ressources naturelles. S'appuyant sur une étude statistique réalisée par l'Université d'Uppsala (Suède) et l'International Peace Research Institute (Norvège), les auteurs soulignent aussi que ces conflits courent un risque deux fois plus élevé de reprendre dans les cinq années qui suivent un accord de paix. Pourtant, seuls un quart des traités prennent aujourd'hui en cause cette dimension. Le rapport plaide en conséquence pour une meilleure intégration des dimensions environnementales – de la protection des ressources à la mise en place d'institutions participatives de gestion – tant dans la prévention des conflits que dans les programmes de reconstruction post-conflit.
Lire le rapport (en anglais)
L'Organisation météorologique mondiale et le Conseil international pour la science publient un rapport conjoint sur les résultats de l'année polaire internationale débutée en mars 2007. Les 160 programmes de recherches multidisciplinaires menés ont apporté des preuves nouvelles de l'ampleur du réchauffement climatique et de son impact sur les conditions de vie humaine, les végétaux et les animaux en Arctique ainsi que sur l'ensemble des océans, la circulation atmosphérique et le niveau de la mer. On sait maintenant que le réchauffement moyen de l'Antarctique constaté est plus important que les estimations jusque-là disponibles, ou que la fonte des glaces du Groenland tend à augmenter. L'ensemble des résultats sera présenté lors d'une conférence internationale à Oslo en juin 2010.
L'International Institute for Environment and Development (IIED) lance une initiative pour aider les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables à s'adapter au changement climatique. Elle réunit des bailleurs de fonds, des instituts de recherche et des ONG de plus de 50 pays et propose une plateforme virtuelle d'échanges d'information : Community Based Adaptation Exchange. La priorité est donnée aux mesures simples et aux technologies les moins coûteuses, comme la sélection des semences par les agriculteurs, la construction de jardins flottants dans les zones inondées ou la construction d'abris contre les tornades. L'ambition est aussi d'accompagner le choix de ces communautés sur le moyen terme pour leur éviter une adaptation par défaut qui ne répondrait que temporairement à leurs besoins.
Des chercheurs du Smithsonian Tropical Research Institute (Panama) publient dans la revue Nature la première étude démontrant la capacité des forêts africaines à capter le carbone. Depuis 1968, les zones forestières d'Afrique centrale ont augmenté chaque année leur capacité de stockage d'environ 0,6 tonnes de carbone par hectare. Comme les forêts captent du carbone quand elles sont en phase de croissance et que les forêts africaines sont plutôt en phase de recul, ce résultat indiquerait qu'elles restent néanmoins en phase de rattrapage par rapport à des perturbations plus importantes et plus anciennes. Des résultats qui plaident pour une protection efficace des forêts.
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L'Agence spatiale européenne publie une photo montrant l'effondrement d'un pont de glace qui liait la banquise de Wilkins et deux îles de l'Antarctique. L'incident vient illustrer les résultats de l'Année polaire internationale : le réchauffement de l'Antarctique en est déjà à une étape très avancée, la température a augmenté de 3 degrés depuis les années 1990, la fonte de glace s'accélère et pourrait affecter la circulation de l'océan.
La Commission européenne entérine les règles pour la pêche au thon rouge, votées en novembre 2008 à Marrakech au sein de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA). Selon cet accord, le quota européen de pêche pour le thon rouge, victime de surpêche chronique, devait être réduit de 16 210 tonnes en 2008 à 12 406 tonnes en 2009. La campagne de pêche durera deux mois (du 15 avril au 15 juin), et les thoniers-senneurs ne devront pas capturer de poissons pesant moins de 30 kilos. Chaque pays doit également réduire la taille de sa flotte et, pour la France, réviser à la baisse les capacités des fermes à thon installées en Méditerranée pour engraisser les poissons. Le contrôle et la sanction des pêches illégales restent néanmoins à préciser. Le 14 avril, le WWF publie une étude prédisant la disparition du thon rouge de Méditerranée dans trois ans si les pêches ne cessent pas complètement.
L'Union africaine et l'Union européenne lancent le premier programme de réception et de traitement d'images satellitaires dédié spécifiquement aux effets du changement climatique sur le continent africain. La station de réception, basée à Addis Abeba (Éthiopie), doit disséminer auprès de tous les États membres des informations sur l'état de l'environnement et l'impact du changement climatique. Ces données doivent permettre au continent de mettre sur pied des stratégies efficaces d'adaptation.
Le Postdam Institute et le Oxford University’s Statistics Department publient dans la revue Nature une étude sur ce que l'atmosphère peut accepter comme émissions de gaz à effet de serre entre 2000 et 2050 sans que la température moyenne du sol augmente de plus de 2 °C. Les calculs indiquent un maximum de 1 000 milliards de tonnes de CO2. Un tiers de ce volume a déjà été émis en moins de neuf ans et, à ce rythme, le total sera atteint en moins de 20 ans. L'étude conclut à la nécessité d'accélérer la transition énergétique et d'abandonner les énergies fossiles, dont les réserves représentent encore quatre fois le volume tolérable d'émissions pour éviter un réchauffement trop important.
La société espagnole Abengoa Solar commence l'exploitation commerciale de la plus grande tour solaire à concentration au monde : la PS20, située sur la plateforme de Solucar, près de Séville (Espagne). Pendant les tests préalables, la PS20 aurait dépassé toutes les prévisions en termes de puissance. Avec une capacité de 20 MW, la nouvelle centrale solaire PS20 produira suffisamment d'énergie pour alimenter 10 000 foyers et permettra d'éviter l'émission d'environ 12 000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère par rapport à une centrale conventionnelle.
La World Wind Energy Association publie son rapport 2008 et signale parmi les faits marquants l'émergence de la Chine comme « locomotive mondiale de l'industrie éolienne ». Pékin a triplé son objectif d'installation d'éoliennes dans le pays et envisage une croissance annuelle de 20 % pour le secteur. Avec une capacité de production de 100 gigawatts par an en 2020, les fabricants chinois d'éoliennes devraient entrer parmi les premiers fournisseurs mondiaux. La Chine veut ainsi se dégager de sa dépendance envers le charbon, dont elle tire aujourd'hui 70 % de son énergie. Elle est actuellement le quatrième producteur d'énergie éolienne après les États-Unis, l'Allemagne et l'Espagne.
Lire le rapport
Le PNUE et la FAO publient un rapport intitulé Abandoned, lost or otherwise discarded fishing gear sur les ravages causés à l'écosystème marin par les filets de pêche abandonnés ou perdus. Ces équipements de pêche synthétiques, qui représentent 10 % des déchets marins, contribuent à la capture continuelle, dite « pêche fantôme », de poissons ou d'autres animaux comme les tortues, les oiseaux de mer ou les mammifères marins qui meurent piégés dans les filets.
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Le Congo et l'Union européenne (UE) signent à Brazzaville un accord de partenariat volontaire en vue de consolider les réglementations forestières et de renforcer leur application contre la vente frauduleuse de bois. Après un an de négociations, le Congo est le premier pays d'Afrique centrale à conclure un accord avec l'UE alors que le bois constitue la deuxième ressource d'exportation du pays après le pétrole. Couvrant 60 % de la superficie du pays, les forêts congolaises représentent 10 % de celles du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète après l'Amazonie en Amérique du Sud avec 2 millions de km2 de forêts.
Sitra, le Fonds finlandais pour l'innovation, lance une nouvelle stratégie en matière de ressources naturelles, développée en partenariat avec les principaux secteurs économiques du pays. L'objectif est de renforcer la compétitivité de la Finlande et sa responsabilité à l'échelle mondiale en promouvant une utilisation intelligente des ressources naturelles. L'intention est de créer un fonctionnement économique viable et d'augmenter le bien-être national par des actions durables et responsables. La stratégie, unique en son genre, comprend dix-huit étapes, dont la création d'activités locales en bio-raffinerie réunies dans des réseaux régionaux, une utilisation plus efficace des ressources naturelles ou le développement de la comptabilité des ressources naturelles.
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L'Energy Information Administration enregistre une baisse de 2,8 % des émissions de carbone liées à l'utilisation de pétrole dans les transports aux États-Unis en 2008. Il s'agit du plus bas taux depuis 1982. La quantité de dioxyde de carbone produite par dollar de production économique a également diminué de 3,8 %. Le prix de l'énergie et une faible croissance économique ont largement contribué à ce déclin, ainsi qu'une industrie et des automobiles plus économes. Les écologistes et les experts du climat enjoignent cependant le Congrès à ne pas considérer ces résultats comme suffisants pour reculer l'adoption de nouvelles mesures visant à réduire encore ces émissions.
Le PNUE célèbre la journée internationale de la biodiversité. L'accent est mis, pour cette édition, sur les menaces liées aux espèces exotiques envahissantes pour la diversité biologique. Ces espèces impactent la diversité biologique naturelle dans l’agriculture, les forêts, les pêcheries ou la santé humaine, provoquant des dommages déjà estimés à 1 400 milliards de dollars par an. Ces menaces risquent en outre d’être exacerbées par le changement climatique et d'avoir de lourdes conséquences pour la mise en œuvre des objectifs du Millénaire du développement et pour les politiques de développement durable.
L’Organisation mondiale des migrations (OIM) publie un aide-mémoire sur l’interaction entre migration, changement climatique et environnement. Le document met en lumière le lien à double sens entre les migrations et l’environnement, les facteurs environnementaux accélérant les migrations et celles-ci influant sur l’environnement. Les îles du Pacifique et les États de l’océan Indien sont les premiers concernés par cette menace. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, par exemple, la montée du niveau des mers pourrait rendre la chaîne des îles Carteret inhabitable entre les mois de novembre et mars d’ici 2015.
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La Gravity Recovery And Climate Experiment Mission de la Nasa publie, dans la revue Nature, les résultats d’une étude sur les réserves d’eau souterraines en Inde. La disponibilité en eau dans le nord-ouest du pays (États du Rajasthan, de l'Haryana et du Penjab) se réduit de 4 cm par an, laissant craindre de sévères pénuries dans les années à venir. 109 km3 d'eau ont ainsi disparu entre 2002 et 2008 dans cette région. Selon l'étude de la Nasa, ce n'est pas la pluviométrie qui est responsable de l'épuisement de ces réserves, mais des consommations trop élevées d'eau, notamment dans l’agriculture et l'irrigation.
Le Sénat australien rejette le plan gouvernemental de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, prévoyant l’instauration d’une taxe carbone. Sur les 72 sénateurs présents, 30 ont approuvé le plan et 42 se sont prononcés contre. Les conservateurs se sont notamment joints aux verts pour rejeter ce plan du gouvernement de centre gauche. Pour les premiers, il s'agissait de défendre le secteur minier tandis que les seconds ont jugé le projet trop peu ambitieux en matière de réduction des émissions et de développement des énergies renouvelables.
Le secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques publie en partenariat avec Google Maps les cartes des statistiques des émissions de gaz à effet de serre (GES) des 42 pays industrialisés membres de la Convention et leurs évolutions entre 1990 et 2006.
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L’organisation TRAFFIC, spécialisée dans le contrôle des échanges d'espèces sauvages, publie un rapport sur la pêche et le commerce du poisson en Chine (Understanding China's fish trade and traceability). Tout en relevant les progrès considérables réalisés par l'industrie de transformation du poisson chinoise en matière de traçabilité de l'origine des poissons, l’étude souligne que celle-ci reste en deçà des exigences de l'Union européenne (UE). La capacité de la Chine, premier exportateur de produits de pêche maritime, à se conformer aux nouvelles normes – certificats de capture pour tous les produits issus de poissons importés dans l'UE à partir de janvier 2010 – sera essentielle pour freiner la pêche illicite, non réglementée et non déclarée, dans le monde.
L'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA) annonce l’installation de nouvelles unités de production (8 600 mégawatts) en 2009 dans l’UE, soit une augmentation de 1 % par rapport à 2008, malgré la crise financière. Fin 2008, le parc éolien européen représentait déjà la moitié de la puissance éolienne installée dans le monde. L'extension de l'éolien passe maintenant par les pays de l'est de l'Europe. À eux seuls, les 12 derniers pays entrés dans l'UE vont installer 150 mégawatts en 2009, augmentant ainsi leur capacité de production de 35 %.
L'Union africaine (UA) réunit les chefs d'État et de gouvernement et des experts africains à Addis-Abeba (Éthiopie) pour préparer une position commune sur le changement climatique en prévision du sommet de Copenhague. Arguant que le continent ne produit que 4 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète, l'UA annonce son intention de revendiquer des réparations pour les effets causés par le changement climatique sur son environnement et les secteurs-clé de son économie.
La France déclare auprès de l'ONU la création d'une zone économique exclusive (ZEE) en Méditerranée pour protéger notamment ses ressources halieutiques. Les ZEE, régies par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, permettent aux États côtiers d'étendre leurs prérogatives au-delà des 12 milles de la mer territoriale et ce jusqu'à 200 milles maximum. Le périmètre de cette ZEE devrait correspondre à celui de la zone de protection écologique en Méditerranée contre les pollutions créée par la France en 2004, soit environ 70 milles.
Les Nations unies publient leur Étude sur la situation économique et sociale dans le monde 2009, centrée sur comment promouvoir le développement tout en protégeant la planète. L'étude rappelle qu'il faudrait entre 500 et 600 milliards de dollars d'investissements pour généraliser un développement économique basé sur les énergies renouvelables. Ces investissements concernent la construction des infrastructures nécessaires dans les pays en développement, notamment dans les grands émergents tels que l'Inde et la Chine. Pour permettre l'adaptation aux effets du réchauffement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le rapport souligne la nécessité d’un fonds mondial couvrant au moins une partie des coûts entre 2010 et 2020.
Avec le soutien de 91 pays, la FAO adopte le Traité international contre la pêche illégale, premier texte international sur cette question. Ce traité oblige les Parties à renforcer le contrôle dans les ports et à en interdire l'accès aux navires transportant des prises non déclarées ou illégales. Selon la FAO, 30 % des produits de la mer extraits aujourd'hui des océans ne figurent dans aucune déclaration de capture. Ces prises fragilisent encore davantage les populations de poisson menacées de surpêche et constituent une concurrence déloyale pour les pêcheurs respectant les règles.
La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) publie son Rapport sur le commerce et le développement 2009, consacré aux effets de la crise. Cette crise à l’origine financière a entraîné un grave ralentissement généralisé de l'économie, avec une baisse probable du produit intérieur brut (PIB) au niveau mondial de plus de 2,5 % en 2009. Le PIB des pays développés devrait se réduire de 4 % et celui des pays en transition de 6 %. Dans les pays en développement, la croissance pourrait chuter de 5,4 % en 2008 à 1,3 % en 2009. Pour la Cnuced, ce ralentissement menace un peu plus la concrétisation des objectifs du Millénaire pour le développement d'ici à 2015.
La Commission Stiglitz remet son rapport au gouvernement français sur la mesure de la richesse nationale. Elle préconise de compléter le produit intérieur brut (PIB) par de nouveaux indicateurs de mesure du progrès social et du bien-être des individus. Leur rapport retient ainsi trois principes : la prise en compte des ménages dans l'analyse économique, la mesure de la qualité de vie et le développement durable. Le rapport établit une distinction entre l’évaluation du bien-être présent et sa durabilité, c'est-à-dire sa capacité à se maintenir dans le temps : quel est le capital naturel, physique, humain, social transmis aux générations à venir ? Enfin, la Commission estime qu’il conviendrait de procéder à des mesures subjectives de la qualité de vie (perception du bien-être, du bonheur, inquiétude…).
L'Agence internationale de l'énergie publie deux nouveaux rapports sur la transition énergétique dans l'industrie et dans la production d'électricité - représentant ensemble les deux-tiers des émissions mondiales de CO2 . L'industrie dispose d'un important potentiel d'amélioration de son efficacité énergétique (13 %) et de réduction de ses émissions (12 %) d'ici 2050, si elle adopte les meilleures technologies disponibles. De la même façon, si le secteur de la production d'électricité adoptait d'ici 2030 d'autres technologies – à la fois en termes de source d'énergie et de processus de production –, il pourrait réduire de moitié ses émissions. Pour l'AIE, il faut privilégier ces approches sectorielles, sans attendre que les pays du Sud adoptent des engagements contraignants à l'échelle de leur économie toute entière. Elles offrent en effet une issue à une partie des débats Nord/Sud dans la question climatique et un moyen d'initier le financement de la transition énergétique dans les pays en voie de développement.
L’Energy Research Institute (Chine) publie China's Low-Carbon Development Pathways by 2050, un rapport sur l’efficacité des mesures adoptées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon cette évaluation, la Chine pourrait réduire assez facilement ses émissions de carbone d'ici à 2050 en investissant massivement dans les technologies propres. Pour établir une économie à faible intensité de carbone et maintenir les émissions de carbone à un niveau similaire à celui de 2005, il faudra investir 220 milliards de dollars par an. Pour les auteurs, une structure énergétique équilibrée pour la Chine reposerait pour un tiers sur les énergies renouvelables, pour un tiers sur le pétrole et le gaz naturel et pour un dernier tiers sur le charbon.
Plusieurs pays de l’Union européenne (Espagne, Italie, France, Grèce, Malte et Chypre) rejettent la proposition de la Commission européenne d’inscrire le thon rouge à l’annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction). Cette mesure visant à en interdire le commerce international permettrait une reconstitution de l’espèce considérée comme menacée. Ces pays demandent de voir les résultats des nouvelles études scientifiques pour soutenir la proposition de la Commission. La France, notamment, initialement favorable à ce classement, lui préfère à présent l'inscription à l'Annexe II, moins restrictive.
Les Nations unies célèbrent la Journée mondiale de l'habitat. Instaurée en 1985, cette journée est l’occasion de rappeler l'ampleur des défis urbains : croissance des villes, impacts climatiques, services aux personnes, etc. L'enjeu est de dépasser le développement de villes à deux vitesses, opposant d'un côté des quartiers fermés et munis de services de haut niveau et, de l'autre, un nombre croissant de bidonvilles. Il s'agit donc d'adapter les services de planification pour améliorer la gouvernance urbaine et assurer la participation des populations les plus pauvres à la gestion des villes.
Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) publie le rapport Towards Sustainable Production and Use of Resources: Assessing Biofuels, rédigé par les experts du Groupe international sur la gestion durable des ressources. Selon ce rapport, il faut revoir les incitations à l'usage des agrocarburants, ainsi que leurs objectifs de production afin de mieux prendre en compte les impacts environnementaux. Plusieurs méthodes de production sont identifiées comme particulièrement nocives. La production et l'utilisation de biodiesel de palmiers à huile cultivés sur des tourbières tropicales pourraient ainsi générer une augmentation de 2 000 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux combustibles fossiles, surtout à cause du carbone émis par le sol mis à nu.
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La FAO lance, en partenariat avec l’Université du Dakota du Sud, un système de surveillance des ressources forestières mondiales basé sur des données satellitaires à haute résolution. Il fournit des données sur un échantillon mondial de 13 000 emplacements géographiques et des outils pour les interpréter. Ce système d'information doit faciliter la mise en place d’un mécanisme mondial de réduction des émissions de la déforestation et de la dégradation des forêts (connu sous son acronyme anglais REDD pour Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation).
L'Afrique du Sud et le Mozambique annoncent la création de la plus grande aire marine protégée au monde, réunissant le parc sud-africain d’iSimangaliso et la toute nouvelle réserve mozambicaine de Ponta do Ouro. La réserve créée par les deux zones assure la protection de 300 kilomètres de côtes parmi les plus sauvages d'Afrique, ainsi que les eaux territoriales correspondantes. Elle devrait permettre d'assurer la reproduction des principales espèces de poissons commercialement exploitées dans la région, ainsi que deux espèces menacées de tortues marines – la tortue luth et la tortue caouanne.
Le Canada et le Groenland signent un accord de protection des populations d'ours blancs vivant sur leurs territoires, entre le Nunavut et la grande île arctique. Le texte prévoit la création d'une commission mixte de prises de décisions équitables entre les parties, composée de représentants des communautés inuits concernées. Le Canada compte environ 15 500 ours blancs, divisés en treize populations distinctes. Deux d'entre elles, transfrontalières, vivent sur les plaques de glace du bassin Kane et de la baie de Baffin. Pour les Inuits vivants dans les deux pays, l'ours blanc est un symbole culturel important.
La FAO publie Food Security and Agricultural Mitigation in Developing Countries. Selon ce rapport, si l'agriculture est responsable de 14 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre actuelles, elle dispose des moyens de participer activement aux stratégies d'atténuation des changements climatiques. L'amélioration de la gestion des terres cultivées et des pâturages et la restauration biologique des sols et des terres dégradés permettent de réduire les émissions. Réduire le labourage, utiliser des résidus pour le compostage ou le paillage, couvrir les sols de cultures pérennes, ré-ensemencer et mieux gérer les pâturages et les prairies sont autant de façons de séquestrer le carbone.
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L’organisation environnementale WWF publie une étude intitulée Méga stress pour mégas cités à l'occasion du Forum économique Asie-Pacifique (APEC). Le rapport décrit pourquoi 11 pôles urbains d’Asie figurent parmi les plus vulnérables au changement climatique et comment ils sont exposés aux risques majeurs des inondations et des tempêtes. Toutes ces villes (Dacca, Manille, Jakarta, Calcutta, Phnom Penh, Ho-Chi-Minh-ville, Shanghai, Bangkok, Kuala Lumpur, Hong Kong et Singapour) sont situées le long du littoral ou sur des deltas à l’embouchure des fleuves. Le rapport préconise une adaptation urgente de ces zones afin de protéger les populations qui y vivent avec le soutien des pays développés. Pour l'étude, il n'existe pas de solution unique valable pour l'ensemble de la région, et cette adaptation devra répondre aux besoins et spécificités de chacun des pôles urbains concernés.
Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) publie un rapport sur le rôle qu’occupent les femmes dans la lutte contre le changement climatique. Intitulée Face à un monde qui change : les femmes, la population et le climat, cette étude montre comment le renforcement des capacités des femmes est essentiel pour alléger la charge induite par le changement climatique. Selon ce rapport, 1,5 milliard d’individus vivant avec un dollar par jour ou moins sont des femmes. Selon l’UNFPA, leur risque de mourir du fait des catastrophes naturelles, notamment celles liées aux phénomènes météorologiques extrêmes, s'élève quand les revenus sont faibles et les différences de statut entre hommes et femmes nettement marquées.
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L’initiative de recherche sur l’économie des écosystèmes et de la diversité biologique (The Economics of Ecosystems and Biodiversity, TEEB), initiée en 2007 par la Commission européenne et le ministère allemand de l'Environnement, publie une nouvelle étape de son étude. Centré sur les rendements des investissements réalisés pour la protection de la diversité biologique, ce rapport d’étape démontre la rentabilité des politiques de conservation. Par exemple, la protection de mangroves au Vietnam coûte un million de dollars par an mais protège efficacement le pays de la montée des eaux ; s'il fallait construire et entretenir des digues, les coûts annuels seraient sept fois plus élevés. Ou encore, un emploi sur quarante dans l'Union européenne est lié à la protection de l'environnement, des industries vertes à l'agriculture biologique en passant par la foresterie durable et l'écotourisme. Pour diffuser cette « croissance verte », le rapport conseille de comparer attentivement les coûts et les bénéfices des subventions et des investissements publics. Un rapport qui appelle au renversement des priorités au nom même du profit.
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La Commission européenne signe à Berlin l’adhésion de l’Union européenne (UE) à l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena). Celle-ci a été créée le 26 janvier 2009 à l’initiative de 75 pays. La mission de cette nouvelle agence est de conseiller et de soutenir les pays afin qu’ils augmentent la part des énergies renouvelables dans leur production d’énergies. En rejoignant l’agence, l’UE montre son adhésion au recours aux énergies renouvelables et révèle la composante essentielle de sa politique extérieure en matière d’énergie. Elle se montre également favorable à une transition des combustibles fossiles vers des technologies utilisant des sources renouvelables.
La conférence de Copenhague sur le climat se termine sur un accord a minima et volontaire de réduction des émissions qui ne constitue pas une alternative au protocole de Kyoto après 2012. La seule avancée est la possibilité ouverte de voir les pays émergents se fixer des objectifs en matière de réduction de leurs émissions. L'annonce de ces objectifs fin janvier 2010 sera un signe de la qualité de cette avancée.
Le cabinet Emerging Energy Research (EER) publie une étude de marché sur l'industrie de l'éolien en mer, dont il prévoit une croissance importante au cours de la décennie à venir, pour atteindre 45 GW en 2020 contre 1,5 aujourd'hui. L'essentiel de cette croissance devrait se faire en Europe et être menée par les opérateurs publics intéressés par le potentiel d'exploitation industrielle offert par les installations en mer. Les investissements les plus importants sont prévus au Royaume-Uni, suivi de l'Allemagne, de la Suède, des Pays-Bas, de la Belgique et du Danemark. L'Amérique du Nord et l'Asie devraient aussi augmenter leur demande jusqu'à représenter 25 % des nouvelles capacités installées en mer. Les premières installations chinoises et coréennes devraient ainsi fonctionner dès 2014.
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