Outre la conservation de la biodiversité et des savoirs associés, la CDB fixe comme objectif un accès facilité aux ressources génétiques et une répartition équitable des bénéfices tirés de l'utilisation celles-ci (ABS, pour access and benefit sharing). Ces dernières années, les échanges de ressources génétiques se sont multipliés. Avec, d'un côté, des populations, souvent pauvres, qui revendiquent des droits sur les ressources génétiques présentes sur leur territoire et qui détiennent des savoirs qu'elles veulent valoriser. Et de l'autre, des entreprises à la recherche de plantes pour élaborer de nouveaux produits. Entre les deux, pas de norme commune. Des négociations sont en cours, notamment au sein de la CDB, pour élaborer des règles internationales garantissant des échanges plus équitables. Depuis trois ans, le programme ABS Governance, associant l'Iddri, l'Institut des hautes études de l'université des Nations unies à Tokyo (UNU/IAS) et le Centre de philosophie du droit de l'université catholique de Louvain, approfondit cette question en organisant une table ronde annuelle portant sur des sujets tels que le certificat d'origine, les mécanismes permettant d'assurer l'accès et le partage des avantages (compliance). Un consensus semble se dégager pour « tracer » les flux de ressources génétiques. Mais comment en assurer la mise en place, le suivi et le contrôle ? Les États, censés réguler les échanges, sont souvent démunis face à des trafics contre lesquels il est souvent difficile de lutter dans la pratique. Les utilisateurs privés ont aussi leurs responsabilités et certaines entreprises ont mis en place des codes de bonne conduite. L'Iddri accompagne ce mouvement. Avec les entreprises d'une part, et aussi avec les chercheurs, qui peuvent jouer un rôle déterminant dans le suivi des flux de ressources, dans la mesure où ils collaborent avec des entreprises et qu'ils travaillent sur le terrain avec les populations.
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