La mobilité autonome peut prendre différents chemins de développement très contrastés en termes d’impacts sur la durabilité ; le futur hybridera ces différentes visions. Les acteurs publics locaux et nationaux doivent prendre la main pour orienter ce déploiement. En outre, mettre la mobilité autonome au service du projet de mobilité durable défendu par les collectivités locales nécessite une nouvelle gouvernance de la mobilité urbaine.

201806-ST0218-mobilite%20autonome-infographie.JPG

MESSAGES CLÉS

  • ÉCLAIRER UN FUTUR INCERTAIN

Le futur de la mobilité autonome est très incertain : plusieurs modèles sont envisageables selon les contraintes technologiques, économiques, sociales et politiques qui vont organiser son développement. C’est sur ce principe qu’est fondé ce travail de prospective, dont nous en tirons trois scénarios de développement, dont le principal objectif est de révéler leurs conséquences et enjeux en termes de durabilité.

  • LA MOBILITÉ AUTONOME À LA CROISÉE DES CHEMINS

Le véhicule autonome est loin d’être une baguette magique pour la mobilité durable. Il ne résout pas certains problèmes actuels comme le faible taux d’occupation des véhicules ou les émissions carbone du secteur des transports et génère de nouveaux enjeux : la quantité de données produites par l’autonomisation pourrait augmenter la consommation énergétique des véhicules ; l’autonomie pourrait accentuer les inégalités d’accès à la mobilité, tant sur le plan économique que géographique ; elle pourrait également faire baisser le coût d’opportunité du temps de transport, et donc favoriser l’augmentation des déplacements et l’étalement urbain. Néanmoins, la mobilité autonome présente également des opportunités à long terme et à certaines conditions (extension du périmètre de pertinence des transports collectifs, amélioration de l’accès à la mobilité pour les personnes sans permis, mutualisation des véhicules, etc.).

  • LES AUTORITÉS PUBLIQUES À LA BAGUETTE

Pour aller vers une mobilité durable, les autorités publiques locales et nationales doivent prendre la main pour orienter le développement de la mobilité autonome. Elles disposent pour ce faire de réels leviers d’action : s’appuyer sur le modèle de mobilité collective basée sur les transports en commun pour organiser leurs politiques ; profiter de l’immaturité de la technologie pour imposer leur agenda en utilisant leurs compétences en matière d’aménagement et de régulation de la voirie (voies réservées, priorité, vitesse, licence d’exploitation). Les expérimentations menées à l’heure actuelle sont également de vraies opportunités pour préparer la mobilité autonome de demain.

Télécharger la publication

PDF - 894.32 Ko

48 pages