Présentation

Cette Étude porte sur le cas du Kenya, un pays confronté à des déficits de financement bien qu’il attire de nombreux partenaires et participe activement aux débats internationaux sur les réformes du financement international, mais qui peine à transformer en profondeur sa trajectoire de développement. Elle examine comment les priorités kenyanes sont financées, comment les principales institutions de financement du développement répondent aux besoins identifiés, et quel cadre institutionnel garantit la coordination et la viabilité à long terme.

Messages clés

  • Les ambitions du Kenya en matière de développement durable nécessitent encore une part importante de financements extérieurs, qui s’orientent de plus en plus vers les prêts multilatéraux. Les prêts concessionnels et autres flux officiels ont représenté 64 % des décaissements extérieurs en faveur du Kenya en 2024, tandis que le service de la dette a absorbé près de 70 % des recettes courantes du pays.  
     
  • Le lien entre les stratégies de planification, les instruments financiers et les dispositifs institutionnels n'est pas encore suffisamment défini pour permettre une mise en œuvre pleinement efficace. Les stratégies du Kenya restent insuffisantes pour s'appuyer sur des sources de financement, et une approche cloisonnée entrave leur mise en œuvre, jusque au niveau le plus bas de gouvernance.  
     
  • L'alignement affiché sur les priorités nationales masque des approches contradictoires qui incluent également des pratiques dictées par les bailleurs de fonds. Le choix des secteurs répond souvent aux priorités des gouvernements donateurs et des actionnaires des institutions financières de développement (IFD), ainsi qu’aux besoins exprimés par le Kenya – voire à leur place –, une dynamique susceptible de s’intensifier dans le cadre des « partenariats mutuellement bénéfiques » prônés par le G7.  
     
  • L'ambition climatique crée une nouvelle dynamique, mais celle-ci ne trouve pas encore d'écho dans les instruments de financement disponibles. 81 % du coût estimé de la contribution déterminée au niveau national (CDN) du Kenya dépendent d'un soutien international, tandis que les énergies renouvelables ne reçoivent que la plus faible part des financements accordés par les IFD.  
     
  • La coordination entre les IFD reste l'exception et revêt principalement un caractère informatif. Il n'existe aucun cadre commun permettant de suivre l'impact collectif des interventions des IFD sur les priorités définies par le Kenya.  
     
  • Les mécanismes de gouvernance kenyans en matière de suivi à long terme et d’évaluation de l’impact restent fragmentés. Au-delà de la mobilisation de volumes de financement, les autorités kenyanes s’efforcent d’améliorer la coordination interne, entre les secteurs et les unités d’intervention, afin de mieux canaliser le soutien et les investissements extérieurs et d’évaluer l’impact jusqu’au niveau des comtés. L’impact ne se fait pas encore pleinement sentir aux niveaux infranational et des comtés, où l’accès à un financement à long terme abordable reste limité malgré la place centrale occupée par les comtés dans le programme de transformation économique depuis les niveaux les plus bas de gouvernance.
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