Présentation
Les systèmes alimentaires en Europe et au Royaume-Uni peinent à satisfaire les besoins des populations tout en respectant le cadre des limites planétaires. Ce constat s’appuie sur des impacts sanitaires négatifs bien documentés, des dommages environnementaux et la difficulté persistante à rendre une alimentation saine et durable abordable et accessible, en particulier pour les personnes les plus touchées. Dans ce contexte, cette Étude examine l’action des acteurs de changement en France, les obstacles auxquels ils se heurtent et les besoins qu’ils expriment pour les surmonter et saisir les opportunités qui s’offrent à eux. L’objectif est de mieux articuler la recherche et les financements avec l’action, et d’accélérer la transformation du système alimentaire, en mettant l’accent sur ses conséquences sanitaires, climatiques et en matière d’équité. L’analyse s’inscrit dans un projet mené avec le soutien de Wellcome Trust, qui vise à mieux comprendre comment renforcer les volets sanitaires, climatiques et en matière d’équité des systèmes alimentaires dans six États membres de l’UE (Allemagne, Espagne, France, Irlande, Pays-Bas et Pologne) et au Royaume-Uni.
Messages clés
- Les acteurs de changement en France accordent une place prépondérante à une intervention sur les politiques publiques. Toutefois, face à des obstacles croissants, ils ciblent de plus en plus les acteurs économiques pour une transformation par le marché, et de manière plus marginale, l’action au niveau local.
- Les quatre obstacles principaux (directs et indirects) au changement des pratiques alimentaires sont :
• l’instabilité et le manque d’ambition politique ;
• les contraintes économiques pour les ménages et les entreprises ;
• l’existence de récits défavorables au changement ;
• l’expression de préférences de la part des consommateurs non compatibles avec un système alimentaire sain et durable.
- Pour les surmonter, les acteurs formulent prioritairement des besoins en dehors du champ académique. Lorsque des besoins de recherche sont évoqués, ils font référence à des travaux d’expertise synthétiques et vulgarisés.
• Besoins hors recherche : espaces de dialogue multi-acteurs ; nouveaux récits ; capitalisation sur les expérimentations déjà menées ; soutien au développement de nouvelles filières.
• Besoins en recherche portant en priorité sur trois dimensions : les implications sociales et économiques des transformations du système alimentaire ; les conditions sociales et politiques du changement ; et des connaissances techniques et économiques pour évoluer en contexte de transition.