Présentation

Alors que la Commission européenne a présenté le 28 octobre 2026 son Cadre pour la résilience climatique, l’Iddri documente le sujet en publiant une Étude à l’échelle des États membres de l’UE qui analyse les choix relatifs à la résilience des infrastructures critiques et leur coordination avec la planification des opérateurs. La diversité des pratiques apparaît à travers des exemples sectoriels (réseaux électriques et ferroviaires) ancrés dans différents contextes nationaux. 

Messages clés

  • Les expériences nationales montrent que la prise de décision en matière de résilience climatique des infrastructures critiques est fragmentée entre les différentes parties prenantes et les documents d'orientation, aux priorités et horizons temporels divergents. Les compromis en matière d'adaptation et la définition des priorités entre les acteurs publics et privés peuvent reposer sur divers critères, allant de la garantie de la viabilité économique à la valeur sociétale des infrastructures critiques. En l'absence de directives publiques explicites, il incombe aux opérateurs de prendre les décisions stratégiques visant à définir les niveaux de résilience nécessaires à l'adaptation des infrastructures. 
     
  • La définition et la répartition des responsabilités (concernant le choix du niveau de résilience, du type d’adaptation et du niveau d’investissement) constituent une condition préalable pour garantir que les décisions en matière d’adaptation reflètent les priorités sociétales. Ces éléments sont déterminés par les mandats, la gouvernance, les modèles de financement et les capacités, qui varient selon les pays et les secteurs. Alors que les autorités nationales commencent à clarifier la répartition des risques, le cadre de résilience européen (ICFR) peut jouer un rôle de catalyseur en confiant clairement aux autorités nationales le mandat d’agir et en créant un espace propice à un échange structuré de bonnes pratiques.
     
  • Les acteurs publics comme privés évoluent dans leur approche : plutôt que de se contenter de protéger ou de renforcer des actifs spécifiques, ils s’attachent désormais à garantir une résilience systémique plus large, en intégrant la résilience climatique dans l’exploitation des infrastructures et en tenant compte des interconnexions entre les réseaux et les territoires. Cependant, il subsiste des lacunes que les autorités nationales ne peuvent combler à elles seules. L’IFCR offre l'opportunité de mettre en place un mécanisme de coordination adapté pour faire face aux risques transfrontaliers et en cascade, ainsi qu’un langage et des méthodes communs permettant d’intégrer la « résilience dès la conception » (resilience by design) au sein des différents secteurs.  
     
  • On reconnaît encore trop peu que la résilience totale ne sera pas possible dans toutes les situations en raison de contraintes de temps et de moyens financiers. La relocalisation des biens ou l’anticipation des transformations ne sont abordées que de manière marginale en tant qu’options à long terme, et les solutions fondées sur la nature sont souvent sous-évaluées en raison de leurs avantages connexes, plus difficiles à monétiser. Les coûts post-catastrophe étant généralement pris en charge par les pouvoirs publics, le manque d’anticipation exerce une pression croissante sur les budgets publics. Des directives plus claires sont donc nécessaires concernant les niveaux d’ambition et les priorités en matière de résilience.
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