En vertu de l’Accord de Paris sur le climat, la grande majorité des pays du monde se sont engagés à atteindre zéro émission nette dans la seconde moitié du XXIe siècle, ainsi qu’à présenter des contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de cycles de cinq ans précisant les réductions d’émission prévues et les mesures politiques permettant d’obtenir ces réductions. Afin d’évaluer les progrès réalisés sur la voie de la concrétisation de son objectif de neutralité carbone, l’Accord de Paris a prévu un Bilan mondial (Global Stocktake) qui interviendra à mi-parcours de chaque cycle de CDN. Le premier doit avoir lieu en 2023.

Que les engagements pris et les actions menées à l’heure actuelle par les pays à titre individuel ainsi que par la communauté mondiale ne soient pas suffisants pour atteindre l’objectif collectif fixé par l’Accord de Paris en matière d’atténuation du changement climatique est un fait largement reconnu. Il est par conséquent nécessaire d’appuyer une ambition collective renforcée, notamment en soutenant les économies émergentes dans leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord. Les défis à relever sont à la fois d’ordres scientifique et politique : 1) un premier obstacle est constitué par le manque d’outils pour définir des stratégies transformatrices nationales à long terme dans de nombreux pays, et la difficulté à relier les trajectoires transformatrices nationales à celles qui sont tracées à l’échelle planétaire ; et 2) un second obstacle a trait au fait de mettre en lien et de soutenir le processus national d’élaboration des politiques dans les secteurs clés, et de veiller à ce qu’il soit cohérent avec les transformations à long terme requises pour que ces secteurs atteignent les objectifs de l’Accord de Paris. 

L’objectif du projet IMAGINE est de contribuer au Bilan mondial de 2023 en synthétisant les connaissances disponibles et en réalisant de nouvelles évaluations qui aident à identifier les opportunités pour accélérer l’action climatique aux niveaux national et mondial, afin de guider le processus du Bilan mondial et de tirer parti de ses réalisations et de ses résultats pour appuyer l’augmentation de l’ambition collective. Pour ce faire, le projet se concentrera sur trois axes :  

  • la mise au point et l’amélioration de la capacité de modélisation nationale en Argentine, au Brésil, en Chine, en Inde, en Indonésie, au Mexique et en Afrique du Sud ;
  • l’élaboration de scenarios nationaux transformateurs dans les pays susmentionnés ;
  • la collaboration avec les décideurs politiques et autres parties prenantes afin de refléter les idées produites par la définition des scénarios dans les politiques nationales et internationales.

Pour mener à bien ces tâches, le projet met en relation 14 institutions différentes, notamment des équipes de modélisation travaillant sur place en Argentine, au Brésil, en Chine, en Inde, en Indonésie, au Mexique et en Afrique du Sud ; des experts de la modélisation à l’échelle mondiale ; des institutions ayant l’expérience de l’organisation de travaux collaboratifs à l’échelle internationale sur la scène mondiale de la modélisation ; et des institutions ayant l’expérience des discussions stratégiques menées aux niveaux national et international au sujet des questions climatiques.

Parmi les équipes de modélisation au sein des pays figurent les institutions suivantes : la Fundacíon Bariloche (Argentine) ; le CentroClima/COPPETEC (Brésil) ; l’Université Tsinghua (Chine) ; l’Institut indien de management d’Ahmedabad (Indian Institute of Management Ahmedabad, Inde) ; le Center for Research on Energy Policy de l’Institut technologique de Bandung (Institut Teknologi Bandung, CREP-ITB) & l’Institut agronomique de Bogor (Bogor Agricultural University, CCROM - IPB) (Indonésie) ; Tempus Analítica (Mexique) et l’Energy Systems Research Group de l’Université du Cap (Afrique du Sud). Le projet est porté par l'Iddri, avec les partenaires scientifiques suivants : Climate Analytics, le CIRED, le GAEL, le BC3 et le SDSN. Le projet est financé par la Commission européenne.