Présentation

Le premier Bilan mondial prévu dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat a mis la communauté internationale au défi de s’affranchir des combustibles fossiles (Transitioning away from fossil fuels, TAFF) et de renforcer la coopération internationale. Comment y parvenir tout en s’alignant sur les trajectoires nationales ? Cette Étude se concentre sur les défis auxquels le Mexique est confronté à cet égard, à travers trois transitions systémiques (énergies renouvelables, transports publics électriques, sidérurgie verte), indispensables pour que le pays réoriente sa trajectoire de développement conformément à ses objectifs climatiques à l’horizon 2050. L’analyse des changements nécessaires et des obstacles à la réussite met en évidence les actions de coopération internationale les plus efficaces pour permettre des transitions rapides et à grande échelle.

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Messages clés

  • La mise en œuvre de changements systémiques nécessite une planification programmatique détaillée des actions à court et moyen terme afin d'atteindre les objectifs à long terme grâce à une série de mesures s'étalant sur plusieurs années, voire plusieurs décennies, dans les domaines de la planification, de la réglementation, de l'investissement et de la mise en œuvre. Il convient de renforcer les capacités nationales dédiées à cette fin.  
     
  • Pour déployer les énergies renouvelables suffisamment rapidement afin de réduire la production actuelle issue des combustibles fossiles, il faut un rythme d’investissement qui dépasse la marge de manœuvre budgétaire dont dispose le gouvernement mexicain à cette fin. Cependant, grâce aux abondantes ressources renouvelables du pays, l’énergie ainsi produite sera compétitive. La coopération internationale pourrait stimuler ce déploiement en garantissant qu’un volume suffisant de financements internationaux, tant publics que privés, vienne compléter les investissements de l’État mexicain dans la production d’énergie renouvelable et les nouvelles infrastructures de transport, sans pour autant augmenter le coût du capital au Mexique. 
     
  • La transition vers des transports publics électrifiés dans les villes mexicaines nécessitera également des investissements importants dans les infrastructures nécessaires et les flottes de véhicules électriques. De nombreuses villes d’Amérique latine et des Caraïbes étant confrontées à des défis similaires, des opportunités de coordination régionale sont possibles pour dynamiser les chaînes d’approvisionnement locales et capter une plus grande part de l’activité manufacturière qui en découle, favorisant ainsi la croissance économique. 
     
  • La décarbonation de la sidérurgie nécessite un approvisionnement en hydrogène vert (GH2) pour alimenter la fusion du minerai de fer en vue de la production de fer et d’acier primaire. Bien que le Mexique devrait être compétitif dans la production de GH2 à partir d’électricité renouvelable, celle-ci restera plus coûteuse que l’alternative fossile, du moins à court terme. Des conditions commerciales tant nationales qu’internationales seront nécessaires pour stimuler le développement des premières installations de GH2 et de production de fer et d’acier verts sans entraîner de hausses de prix excessives sur les marchés finaux, ce qui exigera une coopération internationale coordonnée en matière de droits de douane. 
     
  • Sur la base de ces trois études de cas, six types d’interventions sont décrits dans cette Étude, susceptibles de renforcer l’impact de la coopération internationale sur l’accélération des transitions hors des énergies fossiles nationales en les alignant sur les trajectoires nationales. Ces interventions concernent : (1) un soutien financier visant à réduire le coût du capital disponible ; (2) un soutien financier visant à augmenter le volume de capital disponible ; (3) un soutien au renforcement des capacités en matière de planification et de capacités institutionnelles au niveau national ; (4) un soutien technologique et à la mise en œuvre pour le développement de nouveaux produits et industries à faibles émissions de carbone ; (5) un soutien commercial visant à renforcer la viabilité des nouveaux produits et industries à faibles émissions de carbone ; et (6) des structures de gouvernance collaborative destinées à orienter une coopération internationale efficace.