La transition numérique est un défi pour les acteurs publics au Nord comme au Sud. Pour nombre de villes en développement, la « ville intelligente » (smart city) reste un fantasme. Soit idéalisés, soit inatteignables, les modèles technologiques internatio- naux s’accordent mal aux réalités de l’urbanisation aux Suds. Applications de collecte des déchets à la demande, cartographie participative de quartiers précaires, incu- bateurs et fablabs informels, médias citoyens en ligne, etc. (Criqui, 2017), les effets du numérique s’y font particulièrement sentir dans les usages qu’en font les acteurs privés et les particuliers, hors du cadre de l’action publique.

Par manque de connaissance des possibilités et des modalités de mise en œuvre de la transition numérique spécifiques aux contextes d’urbanisation rapide et de capacités limitées, les autorités locales des Suds peuvent se trouver dépassées. Pourtant, le numérique offre des opportunités pour renouveler la gestion urbaine, plus en prise avec la réalité. C’est ainsi une nouvelle manière de conduire les projets et politiques locales avec et pour le numérique qu’il faut adopter afin qu’en découle un développe- ment urbain durable et inclusif.

Messages clés

  • Les usages du numérique par les acteurs privés et les particuliers, même peu planifiés, doivent être considérés comme une opportunité et une ressource sur laquelle s’appuyer.
  • Introduire le numérique dans la gestion urbaine relève d’une transition, et suppose donc une conduite du changement humain et institutionnel, particulièrement pour des villes aux ressources contraintes.
  • Les autorités doivent se doter d’une stratégie (objectifs, moyens, partenariats, etc.), dans une logique d’apprentissage, pour que le numérique s’enracine dans la culture et les pratiques politiques locales.
  • Le numérique offre la possibilité de mieux connaître les villes et ainsi de mieux infor- mer les politiques. Il repose sur et entraîne une transparence, des collaborations et une redevabilité accrues auxquelles doivent s’engager les autorités.
  • Les autorités locales peuvent utiliser le numérique comme un moyen de renforcer leur légitimité et leurs capacités d’action, avec l’appui de réseaux thématiques, de bailleurs et via l’apprentissage entre pairs.
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