Présentation

La COP 17 sur la biodiversité, qui se tiendra en Arménie en octobre 2026, sera la première COP depuis la création d’un organe permanent chargé de mieux représenter les peuples autochtones et les communautés locales (IPLCs en anglais). Elle devra donc se pencher sur des questions liées à sa mise en œuvre au sein du Cadre mondial pour la biodiversité (GBF en anglais). Mais, comme souligné par ce Décryptage, ces questions reflètent également des débats plus larges et de longue date qui dépassent l'agenda de la COP17 : comment la gouvernance de la biodiversité reconnaît-elle les différents acteurs et les différentes formes d’action ? Comment le financement parvient-il aux IPLC et les soutient-il ? Comment les différents systèmes de connaissances sont-ils reconnus, légitimés et mobilisés ? Et quelles approches plus pluralistes et inclusives de la gouvernance pourraient contribuer à un changement transformateur et à l’arrêt, voire au renversement, de la perte de biodiversité ?

Messages clés

  • La mise en place d'un organe permanent chargé de mieux représenter les peuples autochtones et les communautés locales est essentielle pour garantir une influence et une participation réelles de ces derniers dans les processus décisionnels relatifs à la biodiversité. Premier organe de ce type, son fonctionnement enverra également un signal fort quant à la place des peuples autochtones et des communautés locales dans la gouvernance mondiale. 
     
  • Les questions de participation relèvent, en fin de compte, de la gouvernance et de la justice. Les débats sur la représentation, la terminologie, les territoires autochtones, le financement et les systèmes de connaissances ne sont pas uniquement des questions de procédure ; ils reflètent en effet des discussions autour de la légitimité, de l’autorité et de la répartition du pouvoir au sein de la gouvernance de la biodiversité. 
     
  • Une reconnaissance sans ressources restera purement symbolique. Malgré une reconnaissance croissante dans de nombreux processus multilatéraux, au sein de la CDB et au-delà, ainsi qu’à de nombreux autres niveaux de gouvernance, de nombreux groupes de populations autochtones et de communautés locales continuent de se heurter à des obstacles importants pour accéder au financement, ce qui limite leur capacité à participer pleinement aux processus décisionnels et de mise en œuvre. 
     
  • Les savoirs autochtones, locaux ou traditionnels ne peuvent être simplement intégrés dans les systèmes existants en tant que sources supplémentaires de données. Ils incarnent une relation plus équitable et non extractive avec le monde naturel et ne peuvent être compris en dehors de systèmes culturels ou de modes de vie plus larges. La gouvernance de la biodiversité pourrait s’en inspirer pour aller au-delà de la simple inclusion des savoirs et s’orienter vers le pluralisme et la réciprocité, en reconnaissant que les différentes façons de comprendre, mesurer et gérer la biodiversité sont valables et doivent être respectées. 
     
  • Passer de la simple participation à un véritable partenariat et à une co-gouvernance pourrait être l’une des conditions essentielles d'un changement transformateur. Le défi ne consiste désormais plus seulement à consulter les peuples autochtones et les communautés locales, mais à mettre en place des mécanismes permettant la co-définition, la conception conjointe et la co-création de stratégies en faveur de la biodiversité aux niveaux local, national et international.
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9 pages
    Auteurs :
  • Juliette Landry,
  • Elena Alvarez Blanes,
  • Louisa Parks,
  • Ruth Spencer,
  • Juliana Torres Cortes,
  • Elsa Tsioumani