Présentation

Cet article publié par la collection Research Papers de l'AFD analyse comment les principaux discours qui structurent le futur cadre mondial pour la biodiversité pour l'après-2020 se jouent au regard des enjeux et aspirations spécifiques des pays d'Afrique subsaharienne. Il souligne les directions dans lesquelles les voix des pays africains pourraient changer le récit dominant sur la protection de la biodiversité, vers un récit plus large encadré par les approches des biens communs. Elles explorent la manière dont la conservation, l'utilisation durable de la biodiversité et l'exploitation des ressources naturelles dans les chaînes d'approvisionnement peuvent effectivement parvenir à un équilibre qui pourrait être au cœur d'un développement futur répondant aux besoins et aux priorités locales dans les contextes plus larges de la gouvernance et des aspirations de développement nationales et régionales.

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Résumé

La biodiversité est un exemple classique de bien commun mondial. Face au changement climatique rapide, au déclin de la biodiversité, à la croissance démographique et aux enjeux de croissance économique, les pays d'Afrique subsaharienne sont confrontés à un défi existentiel pour leur sécurité et leur bien-être. Nous lions ici les « approches par les communs » à une approche nouvelle de la planification locale basée sur la notion de « terre partagée ». Cette démarche se concentre sur la santé et les services de la nature dont dépend notre existence. Elle combine les préoccupations de conservation avec les moyens de subsistance et avec les cultures et les institutions locales dans le but d’imaginer des solutions locales qui répondent aux besoins des populations tout en garantissant la préservation de la biodiversité et de ses services pour l'avenir. Bien menée, cette approche peut faciliter la participation équitable des acteurs locaux à des chaînes d'approvisionnement à plus grande échelle et transnationales, à partir de principes partagés d'équité d'accès et d’usage de la nature. Cette démarche peut ainsi aider les pays africains et leurs partenaires à réajuster leurs obligations respectives à l'échelle mondiale, au titre des objectifs de développement durable (à 2030) et du nouveau cadre mondial de la biodiversité (à 2050), tout en répondant aux besoins locaux et en préservant une certaine qualité de vie.