En 2018, les émissions mondiales ont de nouveau augmenté, ce qui montre la nécessité de redoubler d'efforts pour les réduire afin de contenir le réchauffement climatique à 1,5°C. Cela signifie que les pays du G20 devront en 2020 revoir à la hausse leurs objectifs d'émissions pour 2030 et renforcer considérablement les mesures d'atténuation, d'adaptation et de financement au cours de la prochaine décennie. Le Brown to Green Report 2019 fait le point sur la situation des pays du G20 par rapport au point de référence de 1,5°C et identifie les opportunités clés pour une action climatique plus ambitieuse dans tous les secteurs.

Le Brown to Green Report 2019, publié par Climate Transparency, se compose d'un rapport de synthèse et de fiches pays détaillées pour chaque pays du G20. Les fiches pays et une note technique sur les sources de données et la méthodologie utilisée peuvent être téléchargés à l'adresse suivante : www.climate-transparency.org/g20-climate-performance/g20report2019

Lola Vallejo a contribué à l'écriture de ce rapport, en tant que Contributing Author, et l'Iddri est l'une des 14 institutions partenaires du projet.

Messages clés

01. Adaptation

  • Tous les pays du G20 ont des plans d'adaptation, à l'exception de l'Arabie saoudite.

02. Atténuation

  • La croissance économique et les émissions n'ont pas été totalement découplées : les émissions de CO2 du G20 liées à l'énergie ont augmenté de 1,8 % en 2018 en raison de la forte croissance économique et d'un approvisionnement toujours plus important en énergies fossiles.
  • Les pays du G20 doivent réduire leurs émissions actuelles de gaz à effet de serre (GES) d'au moins 45 % en 2030 (en dessous des niveaux de 2010) pour s'aligner sur les objectifs fixés par le GIEC dans son rapport 1,5°C. Ils doivent atteindre zéro émission nette d'ici 2070.  
  • Environ la moitié des pays du G20 (la Chine, l'UE et ses États membres, l'Inde, l'Indonésie, la Russie, l'Arabie saoudite, la Turquie) devraient atteindre ou dépasser les objectifs de leurs contributions déterminées au niveau national (NDCs), à l'exclusion des émissions liées à l'utilisation des terres, au changement d'affectation des terres et aux forêts (LULUCF en anglais).
  • L'objectif de zéro émission nette a gagné en visibilité et crédibilité politique : la France et le Royaume-Uni ont inscrit cet objectif à 2050 dans la loi.
  • En 2018, les émissions du secteur de l'électricité, y compris la production d'électricité et de chaleur, ont augmenté de +1.6 %, soit une augmentation similaire à la moyenne annuelle des dix dernières années. L'Indonésie et la Turquie brûlent plus de charbon que jamais pour produire de l'électricité - et leurs émissions d'électricité ont le plus augmenté en 2018. L'Afrique du Sud continue d'avoir la plus forte intensité d'émissions du G20. 
  • Les émissions du G20 dans le secteur du bâtiment ont augmenté plus que dans tout autre secteur en 2018 (+4,1 %), bien qu'en moyenne les émissions s'étaient stabilisées au cours de la dernière décennie.
  • L'augmentation des émissions issues de l'industrie du G20 (+3,1 %) en 2018 reste très problématique. L'intensité des émissions dans ce secteur est la plus élevée en Russie, en Inde et en Chine, en partie à cause d'un déplacement de l'industrie lourde des pays développés vers les pays émergents et en développement.
  • La réduction de la consommation de produits d'origine animale réduira les émissions du G20 dans l'agriculture. Les taux élevés de déforestation en Argentine, en Australie, au Brésil et en Indonésie doivent être réduits.
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03. Finance

  • Les économies du G20 sont les plus avancées en terme de verdissement du système financier.
  • Les pays du G20, à l'exclusion de l'Arabie saoudite, ont fourni environ 127 milliards de dollars de subventions au charbon, au pétrole et au gaz en 2017, contre 248 milliards en 2013.
  • Au total, 18 pays du G20 ont mis en œuvre ou sont en train de mettre en œuvre des systèmes de tarification du carbone tels que les systèmes d'échange de quotas d'émissions (SCEQE) et les taxes sur le carbone.
  • Les institutions publiques du G20 ont financé la production de charbon et d'électricité à partir du charbon à l'échelle internationale à hauteur de 17 milliards de dollars et à l'échelle nationale à hauteur de 11 milliards de dollars en moyenne en 2016-2017.

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