Cette étude souligne l’interdépendance de choix politiques nationaux au-delà des frontières. Nous espérons qu’elle contribuera à faciliter un dialogue transparent et ouvert entre les acteurs des deux pays [France et Allemagne], favorisera l’élaboration d’une compréhension commune de la transition énergétique et l’atteinte de compromis nécessaires à l’approfondissement de l’intégration du système énergétique européen.

Patrick Graichen (directeur d’Agora Energiewende) et Michel Colombier (directeur scientifique de l’Iddri)

RÉSULTATS CLÉS

  • (1) Face à la croissance des énergies renouvelables, la France et l’Allemagne sont confrontées à des enjeux communs sur la restructuration de leurs parcs de production conventionnelle. Avec un objectif d’électricité renouvelable de 40 % en France et de 50 % en Allemagne d’ici 2030, les deux pays augmenteront considérablement leur production d'énergie éolienne et solaire. Le parc de production conventionnelle devra donc être restructuré afin d’éviter des coûts échoués.
     
  • (2) En France, le développement visé des énergies renouvelables et le réinvestissement dans le parc nucléaire au-delà de 50 GW comporterait un risque important de coûts échoués dans le secteur électrique. Un parc nucléaire supérieur à 40 GW augmenterait les exportations d'électricité et repousserait, au-delà de 2030, l'atteinte de l'objectif de réduction de la part du nucléaire à 50 % de la production électrique. La rentabilité d'un parc nucléaire supérieur à 50 GW ne serait pas assurée en 2030, malgré l’hypothèse d’une augmentation de 60 % des capacités d'exports françaises, un doublement des interconnexions en Europe et un prix du CO₂ à 30 euros par tonne de CO₂.
     
  • (3) En Allemagne, l’atteinte des objectifs climatiques nécessite une division par deux de la production des centrales à charbon et un rehaussement de l’objectif national d’électricité renouvelable à au moins 60 % de la consommation d’électricité en 2030. Dans ce cas, la balance des échanges électriques de l’Allemagne avec ses voisins est équilibrée. L'augmentation prévue de la part des énergies renouvelables à 65 % de la consommation brute d'électricité en 2030 contribuera à éviter que l'Allemagne ne dépende d'importations non-désirées dans un contexte de sortie du charbon.
     
  • (4) La France et l’Allemagne devraient définir rapidement leurs stratégies nationales concernant leurs parcs nucléaire et charbon, se consulter étroitement sur les impacts transfrontaliers de celles-ci et engager des actions communes pour la mise en œuvre de la transition énergétique à l'échelle bilatérale, régionale et européenne. Ces actions communes pourraient prendre la forme d'initiatives portées par les deux pays sur le développement des énergies renouvelables, des interconnexions ou la tarification du CO2.

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