Présentation

Ce rapport traite trois questions centrales. Premièrement, dans quelle mesure les coûts de l'énergie et de l'électricité contribuent-ils à expliquer l'écart de compétitivité qui existe aujourd'hui entre les différents secteurs industriels, et comment cette situation pourrait-elle évoluer dans un système industriel davantage électrifié ? Deuxièmement, quel rôle un soutien ciblé aux prix de l'électricité peut-il jouer pour préserver l'industrie européenne tout en facilitant sa transition vers la neutralité climatique et une plus grande résilience économique ? Troisièmement, quels principes directeurs peuvent aider à aligner les instruments de politique industrielle sur les objectifs de compétitivité, de résilience et de décarbonation ?

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Messages clés

  • Alors que l'Europe s'efforce de renforcer sa compétitivité, il est primordial de s'affranchir des énergies fossiles, dont les prix sont volatils. Pour les industries qui n'ont pas encore électrifié leurs processus, l'électricité ne représente que 5 % au maximum des coûts de production totaux, tandis que les dépenses liées aux énergies fossiles s'élèvent à 30 à 80 %. En termes de coûts énergétiques, ce sont les secteurs fortement dépendants du gaz fossile qui sont confrontés aux plus grands défis en matière de compétitivité. L'électrification des processus industriels à l'aide d'énergies propres produites localement rendrait l'Europe plus résiliente et réduirait la facture d'importation de combustibles fossiles, qui s'élève à 380 milliards d'euros.  
     
  • L'électrification ouvre de nouvelles perspectives pour l'industrie, rendant ainsi les prix de l'électricité abordables de plus en plus déterminants pour la compétitivité. Techniquement réalisable et, dans de nombreux cas, économiquement viable, l'électrification va transformer la consommation d'énergie, même si d'importantes disparités subsisteront entre les différents secteurs. D'ici 2035, l'électricité représentera, directement et indirectement, 60 à 100 % de la consommation totale d'énergie dans la plupart des secteurs, les coûts de l'électricité représentant 10 à 90 % des dépenses de production, en fonction de l'intensité énergétique du processus.  
     
  • D’ici 2035, les secteurs décarbonés pourraient être plus compétitifs qu’aujourd’hui, à condition que les conditions adéquates soient réunies. Dans de nombreux cas, comme celui du chauffage à basse température et de l’aluminium primaire, une tarification efficace du carbone via le système communautaire d’échange de quotas d’émission (SCEQE) et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pourrait garantir la compétitivité en termes de coûts. Pour d’autres secteurs, un soutien ciblé aux prix de l’électricité pourrait s’avérer nécessaire, mais il devrait être subordonné à des investissements dans les énergies propres. Dans tous les secteurs, des politiques industrielles supplémentaires seront probablement nécessaires pour lever les obstacles non énergétiques.  
     
  • L'Union européenne a besoin d'une stratégie industrielle cohérente, alignée sur la politique énergétique et climatique. Afin d'éviter toute fragmentation des politiques, le plan d'action pour l'électrification devrait établir un cadre unifié visant à réduire les coûts du réseau électrique et à garantir des prix de l'électricité stables et compétitifs, notamment par le biais de contrats pour la différence et d'accords d'achat d'électricité. En l'associant à la tarification du carbone et aux mesures prévues dans le cadre du Clean Industrial Deal, telles que les marchés pilotes, cela contribuerait à bâtir une industrie européenne résiliente et neutre sur le plan climatique.
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