Contexte et problématique

L'Accord de Paris crée un cadre international pour que le monde s'attaque au problème du changement climatique, ancré sur trois principes clés pour la part concernant l'atténuation du changement climatique :

  • L'objectif collectif de limitation de l'augmentation des températures "bien au-dessous de 2° C" (art 2.1) qui exige notamment d'évoluer vers la neutralité globale des émissions dans la seconde moitié du XXIème siècle. (art 4.1) ;

  • un paradigme ascendant dans lequel les parties prenantes ont la responsabilité de soumettre leurs propres objectifs (leurs Contributions Prévues Déterminées au niveau National, CPDN) et leur mesure (art 4.3) ;

  • des règles précises pour une révision régulière, prévisible et coordonnée des CPDN tous les 5 ans (art 4.9).

L'article 4.19 de l'Accord de Paris encourage en outre « toutes les parties à formuler et à communiquer des stratégies de développement à long terme à faible émission de gaz à effet de serre, conformément à l'article 2 ». Cette disposition reconnaît que, sans un plan à long terme, les pays risquent de choisir des solutions qui répondent aux objectifs de développement ou aux CPDN au moindre coût, mais qui peuvent conduire à des émissions plus élevées à long terme. Elle reconnaît également que plus les pays comprennent comment décarboner profondément tout en réalisant leurs objectifs socio-économiques, plus ils sont capables d'augmenter l'ambition de leurs objectifs d'atténuation au fil du temps. Étant donné la diversité des pays d'un point de vue économique, géographique et social, les états devraient autant que possible s'appuyer sur les capacités nationales pour orienter leur propre trajectoire vers la prospérité et la réduction des émissions, reflétant leurs aspirations et objectifs nationaux. Ce processus devrait fournir aux gouvernements des choix et des options qui protègent et améliorent les gains de développement tout en exploitant pleinement les possibilités de création d'emplois, d'innovation technologique, d'attraction des investissements et d'éviter les pièges comme les investissements dans des infrastructures représentant de potentiels blocages.

Objectifs de recherche

Il existe dans les pays en développement un besoin crucial de renforcement des capacités pour permettre l'élaboration de stratégies de développement à faibles émissions à long terme, adaptées à tous les objectifs susmentionnés.

Cet objectif de renforcement des capacités devrait principalement viser à doter les équipes nationales d'outils et de méthodologies spécifiques pour l'élaboration de trajectoires 2050 pertinentes, pilotées par les pays et adaptées à l'articulation entre les objectifs climatiques mondiaux et les contextes nationaux, y compris les priorités de développement.

Sur la base de ces capacités élargies, l'objectif secondaire devrait être d'initier et de faciliter l'échange de connaissances entre chercheurs et décideurs dans les pays, afin de soutenir l'internalisation des conclusions tirées des analyses à long terme dans des politiques à court terme, y compris dans les CPDN révisés. Le projet DDPP-LAC poursuit ces deux objectifs imbriqués en s'appuyant sur les leçons méthodologiques apprises dans le projet Deep Decarbonization Pathways Project mené par l'IDDRI (DDPP, www.deepdecarbonization.org) et sur la capacité interne d'engagement du pays soutenu par la BID (Banque interaméricaine de Développement).

Le projet DDPP-LAC vise à mettre en œuvre les deux aspects du renforcement des capacités en mettant davantage l'accent sur le développement du modèle lui-même (formation des pairs impliquant la participation directe d'experts en modélisation travaillant en étroite collaboration avec chaque équipe nationale), construit directement à partir de l'expérience de la phase 1 du DDPP.

 

-- Réunion de lancement du projet : Bogota, 8-9 février 2018 --