Présentation

L’avant-projet zéro (zero draft) du Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 (Post-2020 Global Biodiversity Framework), publié le 13 janvier par le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB), constitue une étape importante sur la route menant à la COP 15 de la CDB (prévue du 15 au 28 octobre à Kunming, Chine), laquelle verra l’adoption du Cadre pour l’après-2020. Bien que plusieurs éléments clés du cadre restent encore à élaborer, ce Policy Brief évalue les premières orientations proposées par l’avant-projet, et identifie les priorités en matière de négociations et de mobilisation, pour les mois nous séparant de la COP 15.

Messages clés

  • L’avant-projet zéro confirme les orientations de la première réunion du Groupe de travail à composition non limitée sur le Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 (OEWG1, Nairobi, août 2019) : le texte proposé affiche des ambitions sur la plupart des objectifs et des cibles, mais également quant à la présence de chapitres portant sur la mise en œuvre et les mécanismes de responsabilité et de transparence, essentiels à la cohérence du cadre et à la théorie du changement qu’il prévoit. Il devrait être considéré comme une « base de travail en devenir ». Ce n’est qu’après l’OEWG3 (Cali, Colombie, juillet 2020) qu’une base de travail complète sera produite en vue des véritables négociations, intensives, de la COP 15.
     
  • La mobilisation des États et d’autres parties prenantes est, en amont comme au cours des étapes décisives des négociations à venir, primordiale pour : (i) garantir que le niveau le plus élevé d’ambition est atteint pour ce qui touche aux objectifs et aux cibles du cadre pour l’après-2020, (ii) réaffirmer l’importance des éléments du cadre relatifs à la mise en œuvre et à la transparence, afin de veiller à ce qu’une attention suffisante soit accordée à ces éléments essentiels dans les mois à venir.
     
  • Le cadre proposé est complet et contient tous les éléments nécessaires pour produire un résultat ambitieux pour la COP 15. Plutôt que de « gonfler » le texte avec un trop grand nombre de questions et de détails supplémentaires à propos des objectifs et des cibles, les négociateurs devraient aspirer à faire en sorte qu’il demeure aussi concis que possible et à mettre au point le cadre d’indicateurs et de suivi ainsi que les éléments relatifs à la mise en œuvre et à la transparence. Un texte trop détaillé offrirait un espace pour des stratégies d’obstruction et/ou de diversion.
     
  • « L’intégration » (mainstreaming) de la biodiversité sera fondamentale pour la mise en œuvre du cadre pour l’après-2020. D’autres institutions et processus multilatéraux, en particulier ceux concernant les secteurs productifs, doivent être davantage impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre du cadre pour l’après-2020. Il en va de même pour les acteurs non-étatiques issus des secteurs et d’autres parties de la société qui affichent des ambitions en matière de biodiversité. L’intégration au niveau national constitue en effet également une des clés du succès.
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